04 – Les archives judiciaires criminelles au Québec

Le 7 février 2023, la Fédération québécoise des sociétés de généalogie (FQSG) offrait sur Zoom une formation sur les archives judiciaires criminelles conservées à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

 


Comme l’indiquait le site web de la FQSG, les « archives judiciaires, et en particulier les archives judiciaires criminelles, sont des sources uniques pour étudier la vie en société. La codification des normes sociales et la répression des déviances témoignent des valeurs d’une société. Qui plus est, les documents qui décrivent un délit sont souvent l’occasion de connaître le contexte où les événements se sont produits et les acteurs impliqués ou témoins. Pour le généalogiste c’est souvent l’occasion de mieux connaître ses ancêtres et de pénétrer dans sa réalité quotidienne. »

Les autrices et les auteurs des littératures du crime peuvent aussi y trouver une source d’inspiration quasi intarrissable comme l’annonçait le plan du cours couvrant, entre autres, les sujets suivants : matières traitées par les tribunaux ; contentieux ; matières civiles et criminelles ; légalité de certains gestes ; codification de la vie en société (crimes, criminalité et répression) ; affaires pénales ; Code criminel ; évolution du système judiciaire ; structure judiciaire ; enquêtes des coroners ; grand jury et enquêtes préliminaires ; contenus des archives ; outils de repérage ; localisation des archives judiciaires ; districts judiciaires ; accessibilité…

Cette activité de formation était animée par Rénald Lessard et Sylvie Bédard, archivistes à BAnQ



Rénald Lessard est archiviste à Bibliothèque et Archives nationales du Québec à Québec (BAnQ Québec) depuis 1984. Il exerce les fonctions de coordonnateur responsable de la diffusion aux archives nationales à Québec depuis 2006. Titulaire d’un doctorat en histoire (Université Laval, Québec), il a poursuivi des recherches, créant, alimentant et diffusant plusieurs banques de données. Il a publié plusieurs livres et articles touchant l’histoire de la Nouvelle-France. Impliqué de longue date dans la diffusion de l’histoire auprès de publics variés, il s’est vu décerner la médaille d’honneur de la Fédération des sociétés de généalogie du Québec en 2013 pour l’ensemble de sa contribution.

Sylvie Bédard est diplômée de l’Université Laval en histoire en 2002 et détentrice d’un certificat en archivistique depuis 2004. Elle est archiviste de référence dans l’équipe de diffusion aux Archives nationales à Québec depuis 2007. Depuis plus de 10 ans, elle donne des formations sur les archives notariales. Elle s’est aussi impliquée dans diverses activités de diffusion et de promotion des archives.

Rénald Lessard a publié quelques textes pour le Journal de Québec, version Web, à partir des archives judiciaires :

L’incroyable histoire d’un petit délinquant des années 30 et de sa femme, 16 août 2020

Voici l’histoire d’un pyromane incorrigible de la Basse-Ville de Québec, 6 décembre 2020

Ce médecin pratiquait des avortements à Québec il y a plus de 100 ans, 2 mai 2021

Retour sur des drames ayant secoué la petite communauté de Val-Bélair en 1948, 14 novembre 2021

(source texte et photos : site de la FQSG)


Cette chronique a été initialement publiée le 20 février 2023 sur Culture et Justice (France) destiné à diffuser principalement des portraits du jour des écrivains, historiens, artistes… et qui rassemble des informations relatives à l’actualité culturelle sur les questions de justice. 

03 – Formation sur l’univers du polar québécois par un auteur d’expérience (André Jacques)

Le 10 février 2023, l’Association des bibliothèques publiques du Québec (APBQ) offre une formation de deux heures sur le roman policier québécois qui « n’a pas toujours été aussi florissant que de nos jours. Et pourtant, il revêt maintenant de multiples formes et inspire la plume de plusieurs auteures et auteurs de chez nous. » Elle aborde le thème du polar en deux parties :

La première permet « de clarifier ce qu’est le polar, les principales caractéristiques du genre, les sous-genres ou les types du polar ainsi que de connaître quelques auteures et auteurs internationaux qui ont marqué le genre. »

La deuxième s’attarde plus précisément « au polar québécois, à ses origines difficiles, à l’éclosion dans les années 80, à l’essor depuis l’an 2000 ainsi qu’à de nombreux auteures et auteurs québécois dans tous les types du polar contemporain.

À l’automne 2022, l’Université de Sherbrooke, dans le cadre de son programme d’Université du troisième âge (UTA), a aussi offert un cours de 20 heures intitulé « L'univers du roman policier ». Cette formation présentait « l'historique et la diversité du roman policier. De ses débuts au XIXe siècle à la période actuelle. » Il illustrait « les nombreuses formes qu'a prises le genre au cours de son histoire (roman d'enquête, roman noir, suspense, thriller, etc.) » et s’attardait « surtout aux polars anglo-saxons, français et québécois. »

Avec comme formateur, André Jacques, professeur pendant plus de 30 ans en littérature, en histoire de l’art et en cinéma au Cégep de Thetford et auteur d’une dizaine de nouvelles, de plusieurs articles thématiques sur les littératures du crime et de plus d’une centaine de critiques et de recensions de romans policiers dans la revue Alibis comme l’indique sa page Wikipédia. Il a aussi été finaliste et récipiendaire de nombreux prix littéraires.

En 2010, toujours à l’UTA de l’Université de Sherbrooke, il avait aussi donné un cours de 20 heures sur « L’écriture du polar ».

 


André Jacques a étudié à l’Université de Sherbrooke, à l’Université Laval de Québec, à l’Université d’Aix-en-Provence avant d’effectuer un doctorat à l’Université de Paris VIII (Vincennes). Depuis l’an 2000, André Jacques exploite sa fascination pour le crime et le monde de l’art. Il a publié sept romans policiers mettant en scène le personnage d’Alexandre Jobin, un antiquaire bon buveur et séducteur bien malgré lui, mais aussi un retraité des services du renseignement de l’armée canadienne qui allient « bien l’art et le sang » :

 


 Les Lions rampants. – Montréal : Québec Amérique, 2000. – 362 pages. [réédité en 2009]

La Commanderie. – Montréal : Québec Amérique, 2004. – 422 pages. [réédité en 2009]

La Tendresse du serpent. – Montréal : Québec Amérique, 2008. – 499 pages. [réédité en 2009]

 De pierres et de sang. – Montréal : Druide, 2012. – 466 pages.

La Bataille de Pavie. – Montréal : Druide, 2015. – 440 pages.

Ces femmes aux yeux cernés. – Montréal : Druide, 2018. – 393 pages.

 Les Gouffres du Karst. – Montréal : Druide, 2021. – 428 pages.

Dans une critique de Ces femmes aux yeux cernés publiée sur le site web de la revue Alibis, Francine Pelletier décrit ainsi les fictions d’André Jacques :

« Les romans d’André Jacques reposent autant sur la complexité de l’intrigue que sur la qualité des personnages. Même les méchants sont vrais, aucun n’est accessoire ; le moindre homme de main existe, le moindre vendeur dans une boutique, […] : personne ne sort d’un placard pour servir les besoins de l’auteur, tous possèdent une dimension réelle. »

« André Jacques est du genre à effectuer de sérieuses recherches quand il construit une intrigue. Le décor existe tout autant que les personnages. »

 « Ce qui frappe, c’est l’opposition entre l’extrême violence des crimes dont il est question et la douleur profonde vécue par les protagonistes. »

 * * *

Les romans publiés chez Druide sont réédités en France chez l’éditeur Le Mot et le Reste de Marseille. Au moment de la publication de cette chronique, André Jacques travaille actuellement sur une 8e enquête d’Alexandre Jobin.

Le roman De pierres et de sang a été sélectionné en 2021 pour le Grand Prix des Lectrices de la revue Elle (France).

(Source des descriptifs des cours et de la photo d’André Jacques : site web de l’APBQ et catalogue de l’UTA - Université de Sherbrooke).


Cette chronique a été initialement publiée le 6 février 2023 sur Culture et Justice (France) destiné à diffuser principalement des portraits du jour des écrivains, historiens, artistes… et qui rassemble des informations relatives à l’actualité culturelle sur les questions de justice. 

02 – Droit pénal et pouvoirs policiers au Canada (donc au Québec)

En 2020, le Groupe Modulo (Montréal) qui publie depuis plus de 35 ans des ouvrages et du matériel pédagogique reconnus pour leur grande qualité lançait la 8e édition du manuel Droit pénal et pouvoirs policiers.

Fruit de la collaboration de « spécialistes du droit criminel et pénal qui ont mis en commun leur expérience afin de transmettre leur savoir aux futurs policiers. Cet ouvrage présente tant les notions de base en matière d'organisation des tribunaux, de perquisition et de règles générales de la preuve, que les infractions relatives aux moyens de transport ou au Code criminel. »

(Source : Groupe Modulo)

 


Cet outil de référence tient compte des plus récentes nouveautés législatives canadiennes en matière de droit criminel. Il est « richement illustré d'exemples concrets et tirés de la jurisprudence ».

Il peut aussi s’avérer une base de connaissance utile pour toute écrivaine et tout écrivain qui souhaite arrimer les scénarios de ses polars, de ses romans noirs ou de ses thrillers policiers contemporains qui se déroulent au Québec ou au Canada en tenant compte de la réalité judiciaire et du travail policier.

L’information y est répartie dans 14 chapitres :

  1. Les tribunaux canadiens (incluant les tribunaux québécois)
  2. Les procédures pour contraindre un individu à comparaître devant les tribunaux
  3. La perquisition
  4. La procédure pénale lie aux accusations portées en vertu du Code criminel
  5. Les règles générales de la preuve
  6. Le ouï-dire et la déclaration extrajudiciaire
  7. Les témoins dans un procès
  8. La Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents
  9. Les infractions criminelles relatives aux moyens de transport
  10. La Charte canadienne des droits et libertés
  11. Les infractions au Code criminel
  12. Les armes à feu
  13. Le Code de procédure pénale
  14. L’enquête policière sur les crimes à caractère sexuel et les procédures judiciaires

Yvon Lefebvre et Maxime Laroche (dir.) - Vicky Belleville, Lucie Martel et Marie-Claude Morin. –  Droit pénal général et pouvoirs policiers. – Montréal : Groupe Modulo, 2020. – 660 pages.


Cette chronique a été initialement publiée le 22 janvier 2023 sur Culture et Justice (France) destiné à diffuser principalement des portraits du jour des écrivains, historiens, artistes… et qui rassemble des informations relatives à l’actualité culturelle sur les questions de justice. 


01 – À tout seigneur, tout honneur (Norbert Spehner)

Si la France a son « Pape du polar » en la personne de Michel Lebrun (de son vrai nom Michel Cade), sachez que le Québec a aussi le sien. Pour inaugurer cette série de chroniques sur la production de polars, de romans noirs, de thrillers policiers et d’ouvrages portant sur des menées criminelles et leur répression au Québec, je vous présente Norbert Spehner. Auteur, entre autres, d’une anthologie en trois tomes : Le roman policier en Amérique française. 


Ce travail colossal de recherche abondamment illustré, « guide de lecture analytique et critique » disponible en format papier et PDF qui couvre la période 1837 à 2020 illustre à quel point les littératures du crime font  partie de la culture des lectrices et des lecteurs québécois.

Dans le premier tome (1837-1999), Norbert Spehner livre « une étude éclairante sur les origines du genre littéraire lui-même et ses multiples déclinaisons, ce travail recense 606 romans pour adultes, 350 romans pour la jeunesse, 34 séries de fascicules (dont certaines comptent des centaines de titres), 10 revues et pas moins de 963 études sur le genre. »

Le Roman policier en Amérique française. – Lévis : Éditions Alire, 2000. – 418 pages. Feuilleter.

Avec le tome 2 (2000-2010), il poursuit le travail d’analyse « en présentant et en commentant l’ensemble de la production de cette décennie remarquable [2000-2010]. Certes, avec la franchise sans concession qui le caractérise, Spehner encense les bons élèves et gronde les cancres de la classe… Mais son regard averti l’amène aussi à faire le point sur un genre qui a enfin pris la place qu’il méritait dans notre littérature nationale, un genre qui n’a plus d’excuse pour ne pas occuper, dans un futur proche, celle qu’il mérite sur le plan international. »

Le Roman policier en Amérique française – 2 (2000-2010). – Lévis : Éditions Alire, 2011. – 427 pages. Feuilleter.

Publié en 2022, le troisième tome (2011-2020) permet « de découvrir nombre d’auteur-e-s formidables et de romans surprenants qui pourraient avoir échappé à [notre] attention […], car la production a été abondante tant en littérature adulte que jeunesse. » Et toutes « les bandes dessinées noires et policières de la décennie, […] tous les thrillers, films noirs et policiers – sans oublier les séries télévisées ! » réalisées au Québec.

Le Roman policier en Amérique française – 3 (2011-2020). – Lévis : Éditions Alire, 2021. – 492 pages. Feuilleter.


Norbert Spehner est né en France en 1943. Il s’est établi au Québec en 1968, où il a fait carrière dans l’enseignement . Il a fondé la revue de science-fiction et de fantastique Solaris (née Requiem) qu’il a dirigée pendant une dizaine d’années. Auteur de plusieurs ouvrages bibliographiques sur le fantastique, la science-fiction, le roman policier, les tueurs en série, etc., il publie Marginalia, un bulletin d’information sur les études portant sur les littératures de genres. Ex-directeur de collections, chroniqueur « Polars » à Radio-Canada et critique littéraire (notamment à la revue Alibis et au quotidien La Presse de Montréal), il collabore avec l’hebdo le Placoteux (Kamouraska), les revues Solaris, les Libraires et le site Web de la revue Alibis ainsi qu’à plusieurs revues en France, au Canada et aux États-Unis, tout en participant à de nombreux groupes de recherche sur les littératures de genre. Sa page Facebook est consacrée au polar et autres littératures populaires. (Source : Éditions Alire).

Sa page Facebook est consacrée au polar et autres littératures populaires.

Il est l’auteur de plusieurs essais et nouvelles dont la liste exhaustive est disponible sur sa page Wikipédia.


En 2007, il publiait aussi Scènes de crimes - Enquêtes sur le roman policier contemporain, « un panorama descriptif, analytique et critique du polar en ce début de XXIe siècle ». Huit chapitres « qui explorent tour à tour diverses facettes du genre, différentes ‘’scènes de crimes’’ » : ses composantes essentielles ou sous-genres (le récit de procédure policière, le thriller, le roman noir, le récit à suspense), sa géographie canadienne (le polar québécois et le polar canadien-anglais) et ses aspects thématiques (le polar féminin, le polar et la guerre, le polar et le western). »

Scènes de crimes – Enquêtes sur le roman policier contemporain. – Lévis : Éditions Alire, 2007. – 278 pages. Feuilleter.


Et en 2017, Le Détectionnaire - Dictionnaire des personnages principaux de la littérature policière et d'espionnage. 791 pages « à la découverte de Sherlock HOLMES et d’Hercule POIROT (Grande-Bretagne), de Philip MARLOWE, Hieronymus BOSCH et Hannibal LECTER (États-Unis), de Kurt WALLANDER et Mikael BLOMKVIST (Suède), de Jules MAIGRET et M. WENS (Belgique), de SAN-ANTONIO et Benjamin MALAUSSÈNE (France), sans oublier Maud GRAHAM, Daniel DUVAL, Victor LESSARD (Québec) et des milliers d’autres, tous aussi passionnants… de Pat ABBOTT à Anna ZORAN. » L’outil « indispensable qui manquait à l’amateur de littérature policière pour enfin satisfaire pleinement sa passion ! »

Le détectionnaire – Dictionnaire des personnages principaux de la littérature policière et d'espionnage. – Lévis : Éditions Alire, 2016. – 791 pages. Feuilleter.

(Source des descriptifs des publications : site Web des Éditions Alire de Lévis, dans la région de Québec)


Cette chronique a été initialement publiée le 9 janvier 2023 sur Culture et Justice (France) destiné à diffuser principalement des portraits du jour des écrivains, historiens, artistes… et qui rassemble des informations relatives à l’actualité culturelle sur les questions de justice.