19 – Des polars du froid imaginés dans le nord-est de l’Amérique

 


(Shefferville – Source : Wikipédia)

Dans une entrevue publiée le 18 mai 2022 dans le journal Le Devoir de Montréal, Catherine Lafrance qui vient de publier son deuxième polar, Le dernier souffle est le plus lourd, rappelait qu’on oublie trop souvent notre situation géographique : « Nous sommes des Nordiques : il fait plus froid à Montréal qu’à Moscou. Il faut retrouver notre nordicité tout en étant Nord-Américains. »

Le Québec est un état nordique. Cette nordicité sert également à y camper des enquêtes policières qui donnent froid dans le dos, dans les deux sens de l’expression. Si Gilles Vigneault, notre poète national, a chanté « Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver », plusieurs auteur,es de polars noirs ont répliqué avec des scénarios tous aussi originaux les uns que les autres, « à la croisée des chemins entre le polar suédois et sa version nord-américaine ».

En voici quelques exemples publiés entre 2010 et 2023 qui ont pour cadre l’hiver ou le nord du 49e parallèle :  


François Barcelo – Le seul défaut de la neige. – Montréal : XYZ, 2010. – 146 pages.

Yannick, 22 ans, célibataire, préposé au déneigement à Saint-Christophe-de-Bougainville, reçoit un coup de fil de sa tante Estelle, une belle femme à son goût. Mais est-elle vraiment sa tante? Yannick pourrait-il s'infiltrer dans son lit pendant que son oncle policier est parti patrouiller? L'auto d'Estelle est prise dans la neige près du dépotoir. Yannick part au secours de sa tante au volant de son tracteur. Rendu sur place, il découvre un cadavre. Se débarrasser d'un cadavre, passe encore, mais un cadavre en appelle un autre. 

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Sébastien Gagnon et Michel Lemieux. – Territoire de trappe. – Montréal : Tryptique, 2022. – 240 pages.

Loin au nord du lac Saint-Jean, décembre 1913. Aux abords de la rivière Platte, aux confins de nulle part, se dressent les rares maisons croches d’un hameau sans nom. C’est là-bas, après des mois de piégeage dans les forêts boréales, que Léon redescend pour retrouver sa famille et fêter Noël. Or, à son retour, il n’a plus rien à célébrer : durant son absence, son épouse est morte de consomption et le cadavre de leur fille a été trouvé dans la Platte – un cours d’eau pourtant si peu profond. Quand Léon et ses acolytes découvrent les responsables de la tragédie, ils entament une partie de chasse d’un tout nouvel ordre. Armés de pièges et de carabines, animés par la vengeance, Léon et ses alliés s’arrêteront seulement lorsque justice sera faite. La tâche semble d’abord facile, presque trop facile, mais les femmes du village et Reth, chasseur de primes de fraîche date, se mêlent de leurs affaires et compliquent leur plan. 

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Julien Gravelle. – Nitassinan. – Marseille : Wildproject, 2020. – 400 pages.

Nitassinan : « notre terre », en langue innue. Au nord du lac Saint-Jean, au Québec, c’est un bout de forêt boréale sur laquelle peu de choses ont été écrites. Neuf récits, neuf destins, situés à neuf époques différentes à travers cinq siècles d’une histoire tumultueuse. Des chasseurs amérindiens, des colons, des coureurs des bois, un scientifique – des chiens, des ours, des caribous, des orignaux.Ces histoires cruelles et puissantes, obscurément reliées, forment la grande épopée d’une terre, le vaste roman d’un lieu.

Julien Gravelle. – Les cow-boys sont fatigués. – Montréal : Leméac, 2021. – 184 pages.

Debout devant la fenêtre de la cuisine, je regardais dehors les vieilles carlingues abandonnées dans la cour. […] Ces carcasses restaient immobiles, ourlées d’herbes sèches et blanchies par l’automne, comme des mues d’insectes séchées au soleil. Je les regardais dans la lueur du zénith et je me disais que moi aussi finalement, j’étais peut-être bien une espèce en voie de disparition.

Au bout d’un chemin de débardage laissé à l’abandon, quelque part entre les rivières Mistassini et Ouasiemsca – aussi bien dire au creux du monde –, Rozie vit seul avec ses chiens. Le lieu lui convient très bien. La solitude aussi. Mais son travail, beaucoup moins. Il doit fabriquer dans son laboratoire clandestin des amphétamines pour le compte d’une bande de trafiquants. Il voudrait bien passer à autre chose. Mais son passé le rattrape. Et il risque de tout perdre. 

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Isabelle Grégoire. – Fille de fer. Montréal : Québec Amérique, 2019. – 240 pages.

Seule femme dans un monde d’hommes qui lui est hostile, Marie est conductrice de train minier dans le Nord québécois. Un soir de tempête, son convoi s’immobilise. Déraillement ? Elle se précipite au-dehors pour mesurer les dégâts et se retrouve face contre neige, blessée. Elle est recueillie par un mystérieux ermite, envoûtant et lettré. Sur fond de préoccupations environnementales, de tensions entre Blancs et autochtones, se tisse une histoire d’amour. Une histoire périlleuse et sauvage, comme le territoire que Marie sillonne avec son train. 

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Isabelle Lafortune. – Terminal Grand Nord. – Montréal : XYZ, 2019. – 350 pages.  Avis de lecture

Avril 2012. Les corps de Natasha et de sa soeur Gina sont retrouvés aux abords d’un sentier de motoneige de Schefferville. L’inspecteur Émile Morin, dépêché sur place par un gouvernement qui craint le scandale, a beau fouiller, personne ne se rappelle avoir croisé les deux jeunes Innues originaires de Maliotenam, quelques centaines de kilomètres plus au sud. Devant une situation où s’entremêlent des réalités culturelles, sociales et politiques complexes, se frayer un chemin vers la vérité n’est pas chose simple. L’inspecteur emmène donc avec lui son bon ami l’écrivain Giovanni Celani, un habitué de la région, pour l’aider à naviguer dans le climat de tension de cet ancien eldorado minier. Leurs théories seront constamment ébranlées par les phrases cryptiques de Sam, un Innu de la réserve voisine, philosophe à ses heures et gardien des secrets de chacun. Alors qu’émergent regrets et demi-vérités, l’inspecteur Morin devra trouver à qui s’allier pour empêcher que l’horreur ne se répète.

Isabelle Lafortune. – Chaîne de glace. – Montréal : XYZ, 2022. – 456 pages.  Avis de lecture

Sept ans ont passé depuis les événements ayant ébranlé Schefferville, mais Émile Morin n’a jamais tourné la page. Son obsession pour la Métald’Or et autres pilleurs du Nord en mal d’éthique l’a mené à prendre la tête d’une unité spéciale dédiée à ces dossiers, et à creuser, creuser encore. Faute de résultats probants, ou peut-être justement parce qu’il est sur le point d’en livrer, voilà qu’il sent son soutien politique vaciller. Sa santé mentale également. L’enquêteur Morin a besoin d’une victoire. Pour prouver à sa hiérarchie qu’il avait raison de sonner l’alerte au sujet des minières ; pour convaincre Giovanni qu’il a fait le bon choix en endossant l’uniforme… Mais aussi pour rebâtir le lien de confiance l’unissant à sa fille, de plus en plus distante. C’est du côté de Havre-Saint-Pierre, sur le site de la centrale hydroélectrique La Romaine-1 où un cadavre a été découvert, qu’il sera mis devant le premier maillon d’une chaîne de conséquences le menant, peut-être, vers la vérité. 

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Catherine Lafrance. – L’étonnante mémoire des glaces. – Montréal : Druide, 2022. – 424 pages.  Avis de lecture

La pluie verglaçante est tombée toute la nuit. Montréal ressemble à une patinoire. Dans la salle de rédaction à moitié vide d’un quotidien, où traînent encore des guirlandes de Noël, des reporters rentrent lentement au travail, tandis qu’à Saint-Albert-sur-le-Lac, village aux allures de carte postale niché au cœur des Cantons-de-l’Est, on constate les conséquences tragiques d’un incendie. Le journaliste Michel Duquesne est dépêché sur place. Une révélation étonnante, puis des traces emprisonnées dans la glace vont l’amener sur une piste qui l’exposera à des dangers insoupçonnés, tout en réveillant en lui des monstres de son enfance. Au grand dam de ses patrons, Duquesne n’en fera qu’à sa tête pour aller au fond de cette affaire.

Catherine Lafrance. – Le dernier souffle est le plus lourd. – Montréal : Druide, 2023. – 408 pages.

Dans une ville paralysée par une tempête de neige, l’intuition de Michel Duquesne le pousse à s’interroger sur les circonstances d’un drame énigmatique. Cette piste va le plonger au cœur de l’industrie pharmaceutique, où il découvrira à quel point la corruption sévit. Les ramifications de cette nouvelle enquête le mèneront dans l’antichambre du pouvoir politique, à Québec et à Ottawa. Le premier ministre serait-il mêlé à tout cela ? Le journaliste, en levant le voile sur ces fraudes, mesurera à quel point l’existence humaine compte parfois pour bien peu quand l’avidité est le moteur de toute action. Pendant ce temps, sa vie personnelle et celle d’Odile, sa conjointe, seront bouleversées par une découverte inattendue. Alors qu’il se croyait à l’abri, dans sa bulle familiale, il devra se battre pour qu’elle n’éclate pas. 

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Ronald Lavallée. – Tous des loups. – Montréal : Fides, 2022. – 328 pages.

Dans un village isolé et inhospitalier du Nord canadien, la rumeur court. Un homme en fuite, accusé d’avoir assassiné froidement sa femme et son enfant, se terrerait dans la forêt boréale. Matthew Callwood arrive tout juste en poste dans la région. Jeune policier idéaliste et téméraire, il est rapidement confronté à ses collègues qui boivent et fricotent avec les trafiquants du coin. Malgré tout déterminé à relever la trace du meurtrier en cavale, Callwood entreprend une traque sans relâche dans un dédale de lacs et marais aux confins indéfinissables. Au fil des mois, le policier découvre qu’il a affaire à plus fort que lui. Le chasseur devient le chassé. Sur un territoire démesuré au climat impitoyable, la nature sauvage, surtout celle de l’homme, reprend toujours ses droits. 

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Martin Michaud. – Jusqu’au dernier cri. – Montréal : Libre expression, 2021. – 305 pages.  Avis de lecture

Dans une mine de Matagami, un homme retient huit otages après une transaction de drogue qui a mal tourné – trois membres d'un puissant cartel de trafiquants d'opium ont été assassinés. Seule personne à qui le preneur d'otages accepte de parler, Victor se rend sur les lieux à la demande de la GRC, mais rien ne se passe comme prévu. Avec Jacinthe, il se retrouve catapulté sur les traces de l'auteur du triple meurtre. Les deux enquêteurs du SPVM ne sont toutefois pas les seuls à ses trousses ; des hommes de main du cartel le cherchent également sans relâche dans l'espoir de venger les leurs, mais surtout de récupérer la mallette qui était menottée au poignet de l'une des victimes.Chasse à l'homme effrénée en plein blizzard sur les routes enneigées du Nord-du-Québec, cette sixième enquête de Victor Lessard le plongera au cœur des préoccupations d'un monde en perte de repères et lui offrira l'occasion de réaffirmer le caractère indéfectible de son amitié pour Jacinthe au moment où ils ont le plus besoin l'un de l'autre. 

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Louise Penny. – Sous la glace. – Montréal : Flammarion Québec, 2011. – 384 pages. 

L’hiver a enveloppé de neige le village endormi de Three Pines. Le temps des fêtes appelle à la paix et aux bons sentiments, jusqu’à ce qu’un cri déchire l’air glacé. Un meurtre a été commis : une spectatrice de la traditionnelle partie de curling a été électrocutée sous les yeux de tous, au beau milieu d’un lac gelé. Pour diriger l’enquête, l’inspecteur-chef Armand Gamache revient dans la charmante communauté anglophone. Avec minutie, il dévoile le passé de la victime et découvre un écheveau de secrets et de rivalités. Gamache a cependant ses propres ennemis au sein de la Sûreté du Québec ; il sait qu’il ne peut se fier à personne. Tandis qu’un vent mordant souffle sur Three Pines, une menace plus glaçante encore plane sur lui.

Louise Penny. – Enterrez vos morts. – Montréal : Flammarion Québec, 2013. – 464 pages.

Tandis que le Vieux-Québec scintille sous la neige et s’égaye des flonflons du carnaval, Armand Gamache tente de se remettre du traumatisme d’une opération policière qui a mal tourné. Mais, pour l’inspecteur-chef de la SQ, impossible d’échapper longtemps à un nouveau crime, surtout lorsqu’il survient dans la vénérable Literary and Historical Society, une institution de la minorité anglophone de Québec. La victime est un archéologue amateur connu pour sa quête obsessive de la sépulture de Champlain. Existerait-il donc, enfoui depuis quatre cents ans, un secret assez terrible pour engendrer un meurtre ? Confronté aux blessures de l’histoire, hanté par ses dernières enquêtes, Gamache doit replonger dans le passé pour pouvoir enfin enterrer ses morts.

Louise Penny. – La Faille en toute chose. – Montréal : Flammarion Québec, 2014. – 512 pages.

Noël approche, mais l’inspecteur-chef Armand Gamache n’a pas le cœur à la fête. Ses meilleurs agents ont quitté la section des homicides et Jean-Guy Beauvoir, son fidèle lieutenant, travaille désormais pour son pire ennemi, le directeur général Francœur. Aussi saisit-il l’occasion de se réfugier à Three Pines quand Myrna lui demande son aide pour retrouver une amie disparue. Cette piste l’entraîne jusqu’à la naissance quasi miraculeuse de quintuplées dans le noir Québec des années 1930. Aujourd’hui, d’autres ombres menacent la province et Gamache doit combattre sur plusieurs fronts, car un complot sordide se trame à la Sûreté. 

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Christian Ricard. – Une piste sanglante. – Montréal : Pierre Tisseyre, 2022. – 176 pages.

Tout a commencé par la mort du vieux. Cancer. Celui des poumons et d'une vie gaspillée à vider des bières, à pelleter des nuages et à remplir des machines à sous… Toujours, il avait compté sur les autres, sur moi, pour le garder à flot de sa misère. Je devais me tenir à l'écart, sans jamais y parvenir: c'était mon père. Et maintenant qu'il était parti, je me sentais vide. C'est là que j'ai eu une soudaine envie d'espace. Sur un coup de tête, j'ai décidé de filer vers Natashquan pour trouver Waban, un vieil ami de p'pa, et peut-être me retrouver en chemin. Je dois dire qu'en grimpant dans ma Subaru, j'étais loin de me rendre compte que je m'apprêtais à remonter une piste sanglante…  

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Olivier Challet. – Série éliminatoire. – Montréal : Éditions du Boréal, 2023. – 371 pages.

Montréal n’a pas encore eu le temps de se remettre des excès du 31 décembre que le premier homicide de l’année est déjà annoncé : un agent du SPVM habillé en civil a été étranglé dans le parc Jarry. Alors que les médias s’affairent à la recherche d’un scoop, la direction de la police met la pression sur ses troupes : il faut des réponses pour rassurer la population et montrer que le meurtre d’un policier ne reste jamais longtemps impuni.

Ces réponses, c’est au lieutenant-détective Jack Barral et à ses collègues de la division des crimes majeurs qu’il incombera de les trouver. Très vite, ils se rendront compte que le quotidien banal et fade de la victime dissimule un univers beaucoup plus sombre et ils n’auront d’autre choix que de se lancer, en plein hiver, dans une folle course contre la montre à l’échelle du Québec.

18 – Les littératures du crime dans le milieu sportif

Source image : Zonelivre.fr


Au niveau international, le monde du sport a servi de terreau fertile pour y camper un très grand nombre de polars. La liste « 
Le Sport dans le roman policier ou le polar » publiée en 2021 sur le site Zonelivre.fr est fort éloquente : plus d’une centaine de fictions y sont classées par sport (le football emportant la palme) et par thème (Jeux olympiques et BD).

Au Québec, par contre, depuis 2000, quelques écrivains y ont développé leurs intrigues. 



 Michel Dolbec. – Palet dégueulasse. – Paris : Édition Baleine, 2000. – 163 pages.

Au Québec, le hockey sur glace est une religion. Quand les Caribous de Montréal se retrouvent en finale de la coupe Stanley, tout un peuple se met à genoux pour adorer ses idoles. Mais pour le poulpe, Gabriel Lecouvreur, la messe n'est jamais dite. Un concierge obèse abattu froidement dans une rue de Montréal va perturber l'office. Le directeur du Montréal-Matin met à la disposition du poulpe les archives de son journal. Les découvertes du héros le conduisent à Shawinigan, ville natale de Paul Gingras, l'obèse assassiné qui n'a jamais fait de mal à personne. De fil en aiguille, il apprend que sa mort est reliée au hockey.

Le roman se termine dans les coulisses des Caribous. Le match décisif procure finalement aux partisans la victoire ultime assurant la survivance de la race canadienne-française. Rien de moins. Et rien de mieux que de célébrer ce triomphe par une émeute, qui lance le poulpe sur la piste du tueur de Paul Gingras. Comme dans tous les sports, tout n'est pas propre. L'amour du palet (la rondelle) peut aussi se montrer dégueulasse quand il se prête aux abus sexuels.

 Leif Tande en a fait une bande dessinée publiée en 2004 : 

 

Michel Dolbec et Leif Tande. – Le poulpe - Palet dégueulasse.  – Montpellier : Six pieds sous terre, 2004. – 90 pages. 



 

Michel Dolbec est né à Shawinigan. Il a écrit son premier roman, Palet dégueulasse, pour un lectorat français afin de leur faire découvrir le Québec depuis le restaurant La Binerie de Montréal jusqu'au Stade olympique, en passant par les bars où son héros découvre l'excellence des bières québécoises. 

 

Leif Tande (de son vrai nom Éric Asselin), originaire de Montréal, « est le secret le mieux gardé de la bande dessinée québécoise. […] L’œuvre maîtresse de Leif Tande, l’album « Morlac », est un véritable labyrinthe de cases dans lequel le lecteur doit découvrir le fil d’Ariane qui va permettre au personnage principal de sortir indemne de ce dédale. Autre projet fou de Leif Tande : créer une bande dessinée à raison d’une planche par jour pendant toute une année. Le résultat : une brique de 365 pages, « L’Origine de la vie », la biographie de la première molécule vivante sur terre. » (source : BD Québec) 


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François Barcelo. – J’haïs le hockey. – Montréal : Coups de tête, 2011. – 129 pages. 

Antoine Vachon déteste le hockey. À la suite de l’assassinat de l’entraîneur de l’équipe de son fils, Antoine se voit pourtant contraint de le remplacer au pied levé. Sa vie va alors changer. Qui a tué son prédécesseur ? Le flou persiste. Le fils d’Antoine aurait-il quelque chose à voir dans tout cela ? L’entraîneur était pourtant très apprécié de sa communauté, il s’occupait bien de ses joueurs. Trop bien peut-être…

 

 

François Barcelo est un publicitaire et un écrivain québécois né à Montréal, titulaire d’une maîtrise en littérature française. Il est « l’auteur de plus de cinquante livres marqués par un sens de l’humour inébranlable : albums pour tout-petits, romans pour les jeunes et romans d’aventures, romans littéraires, polars et essais. Il a été le premier auteur à recevoir les prix de littérature TD et Hackmatak. Il a reçu en 2007 l’un des Prix littéraires du Gouverneur général. Son roman Cadavres a été le premier livre québécois publié dans la célèbre Série noire de Gallimard. » (source : Répertoire Culture-Éducation Québec) 

J’haïs le hockey s’inscrit dans une série : J'haïs les bébés (2012), J'haïs les vieux (2013) et J'haïs les Anglais (2014). 

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Mikaël Archambault. – Dernière manche. – Boucherville : Éditions de Mortagne, 2022. – 368 pages.  Avis de lecture 

Samuel Cadieux, le joueur de tennis numéro un au classement mondial, décède en plein match aux Internationaux du Canada, à Montréal. S’agit-il d’un cas de « mort subite du sportif »? Pas pour Gaétan Tanguay, journaliste spécialisé en statistiques avancées. Contacté par un mystérieux informateur qui affirme détenir d’importantes révélations au sujet du joueur, il croit plutôt à un meurtre déguisé.

Aidé par Tarah, une jeune femme très intéressée par le passé de Cadieux, Gaétan mène l’enquête et déterre des secrets qui ne demandaient qu’à rester enfouis. Mensonges, menaces, complots : dans l’entourage de la star du tennis, tout le monde semble avoir quelque chose à cacher. 

 

Mikaël Archambault. – En échappée. – Boucherville : Éditions de Mortagne, 2022. – 288 pages.  Avis de lecture 

Karl Larouche, un ex-hockeyeur de la ligue nationale, s’évade du pénitencier où il purgeait une peine de six ans pour homicide involontaire à l’endroit d’un ancien adversaire. Au même moment, Montréal accueille le septième match de la finale des séries éliminatoires sans savoir qu’un drame s’apprête à ébranler la ville. En effet, le gardien de but de l’équipe locale est retrouvé sans vie. Aussitôt, Larouche devient l’ennemi public numéro un. Le journaliste sportif Gaétan Tanguay, féru de statistiques avancées, et sa nouvelle associée Tarah Dalembert tentent de démêler le fil des événements. S’engage alors une chasse à l’homme de laquelle tous ne sortiront pas indemnes. 


 

Mikaël Archambault. – Hors-jeu : une enquête de Gaétan Tanguay. – Boucherville : Éditions de Mortagne, 2023. – 284 pages. Avis de lecture 

À Toronto pour couvrir la Coupe du monde de soccer masculin, la journaliste sportive Tarah Dalembert met le doigt sur une nouvelle potentiellement explosive… puis se volatilise sans donner signe de vie.

Son associé Gaétan Tanguay se rend dans la Ville-Reine pour la retrouver. Remontant le fil des indices qu’elle lui a laissés, il comprend qu’un des joueurs de l’équipe canadienne pourrait être lié à sa disparition, mais lequel exactement ? Et pourquoi ?

Ne reculant devant rien pour le découvrir, il se lance dans une course contre la montre où chaque heure est comptée. 


 

Mikaël Archambault est auteur dans le domaine de l’humour, scénariste à la télévision et scripteur pour de nombreux artistes. Une quatrième aventure du binôme Tanguay-Dalembert, cette fois dans le milieu du baseball. 

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David Snow. – Le match du Vendredi saint. – Montréal : Saint-Jean, 2023. – 502 pages. 

Le matin du Vendredi saint, cinq détenus du Québec quittent leur cellule à tout jamais. Confiés à une organisation obscure, ils sont invités à participer à un «jeu de la seconde chance». Les règles en sont simples: avec peu de ressources, dans un quadrilatère précis de Montréal, ils doivent éliminer les quatre autres concurrents. Le grand prix: une belle somme d’argent, une nouvelle identité et un billet d’avion aller seulement pour la destination de son choix. Directement d’un somptueux manoir de Magog, les organisateurs de cet événement suivent la compétition à distance. Parmi eux : le premier ministre du Québec, le propriétaire du Canadien de Montréal, le ministre de la Justice, les chefs de la SQ et du SPVM, les parrains des mafias italienne et russe, le boss de la GRC. Dans le contexte de cette « course de Pâques », les paris, les alliances, la soif de vengeance et la débauche volent littéralement la vedette aux petits cocos en chocolat. La vingtième édition de cette étrange compétition réserve toutefois des surprises. L’un des invités n’est pas celui qu’il prétend être. Et l’un des concurrents, non plus… 


 

David Snow a passé l’essentiel de son enfance enfermé dans une bibliothèque du West Island, où ses parents l’envoyaient réfléchir sur son comportement. À défaut d’y découvrir une sagesse ou une maturité qui ne viendront jamais, il y a développé un amour profond du thriller et du roman noir. Il n’a jamais cessé de faire des mauvais coups, et considère ce roman comme le meilleur d’entre eux. (source : éditeur)

 

 

17 – Un homme-orchestre devenu auteur de polars (Richard Ste-Marie)

 


Je vous présente Richard Ste-Marie, écrivain originaire de la ville de Québec, qui a remporté en mai 2023 le prix Crime Writers of Canada Award of Excellence, meilleur livre en français, pour son plus récent roman Monsieur Hämmerli. 


Monsieur Hämmerli Lévis : Alire, GF 104, 2022. – 214 pages.  Avis de lecture

Mon nom est Charles McNicoll. Mais pour mes clients, je suis Monsieur Hämmerli, tueur à gages. Voici quelques années, un important contrat m’a été présenté ; il a aussi été le plus imprévisible, le plus surprenant… pour ne pas dire le plus éprouvant. Depuis, je n’ai plus été le même homme. De fait, étant un mélomane averti, j’ai immédiatement reconnu la cliente : Donatella Bartolini, la célèbre cantatrice dont la voix rend si bien Le Pâtre sur le rocher, mon œuvre préférée de Schubert. C’est aussi parce que je suis un mélomane averti que je n’ai pu accepter son contrat. C’est que, voyez-vous, la personne que je devais occire, c’était elle-même.

Mais Donatella est une femme résolue, et nous avons convenu d’une entente. Chaque soir, je viens écouter de la musique avec elle. Cinq CD, c’est la limite. Si elle parvient à rester éveillée – tout comme moi – jusqu’à la fin de l’audition, je la tuerai à l’aube, comme on dit à l’opéra. Bien entendu, en attendant cette nuit fatidique, je continue à remplir des contrats, et donc à tuer des gens, la plupart des crapules. Mais je sens venir le jour où je devrai changer de métier. Or, le seul talent que je possède, c’est bien celui d’assassiner mon prochain !

Le jury a ainsi justifié son choix :

« Dans Monsieur Hämmerli, Richard Ste-Marie utilise un point de vue nouveau, celui de l’assassin. Charles, le personnage principal, est présenté comme méthodique et détaché de son travail comme on pouvait s’y attendre ; cependant, le lecteur est attiré par la représentation diligente de Ste-Marie et l’évolution du personnage à multiples facettes de Charles au fur et à mesure que le roman progresse. De plus, la nature inhabituelle et la construction de la relation de Charles avec Donatella, retiennent l’intérêt du lecteur. » 

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Richard Ste-Marie, cet homme-orchestre, a été successivement musicien, artiste en arts visuels, animateur radio et écrivain.

Musicien. – En 1956, il entre au Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec où il étudie la clarinette jusqu’en 1960. Il amorce alors 16 ans de carrière de saxophoniste dans un quartet de jazz. En même temps, il fait partie de la fanfare de la réserve navale du Canada de 1961 à 1968.

De la fin des années 1960 jusqu’au début des années 1970, il joue avec divers groupes de musique populaire un peu partout au Québec. En parallèle, il suit des cours à l'École des beaux-arts de Québec où il décroche un diplôme en 1970. Il devient alors professeur assistant à l'École des arts visuels de l'Université Laval, interrompant sa carrière de musicien de 1972 à 1980. Mais celle-ci reprendra de plus belle à partir de 1980 avec la formation de la Fanfafonie, un groupe pionnier d’animateurs-musiciens de rue au Québec qui demeure encore aujourd’hui une référence pour de nombreux musiciens de rue qui se sont formés depuis cette époque.

La Fanfafonie joue dans de nombreux festivals et fêtes populaires au Québec. En 1982, elle fait une brève tournée d’un mois en Belgique. L'année suivante, elle s’associe avec le Cirque du trottoir de Bruxelles pour former le Théâtre National Populaire pour une tournée de quatre mois dans de nombreuses villes européennes, dont Lausanne, Fribourg, Nyon, Metz, Strasbourg, Le Havre, Lyon, Lille, Saint-Jean-de-Maurienne, Bruxelles, Anvers, Liège, Tournai, Bruges, Ostende et Namur. Pendant cette tournée, la Fanfafonie et le Cirque du trottoir préparent avec Guy Laliberté et les Échassiers de Baie-Saint-Paul un projet pour les fêtes de Québec 1534-1984 qui deviendra la première tournée québécoise du Cirque du Soleil en 1984. Elle visitera les villes de Gaspé, de Baie-Comeau, de Rimouski, de Baie-Saint-Paul, de Saint-Jean-Port-Joli, de Québec, d’Orford, de Hull et de Montréal.

En décembre 1984, Richard Ste-Marie met fin à sa carrière professionnelle de musicien pour se consacrer à l'enseignement.

Artiste en arts visuels. – Pendant 30 ans, à l’Université Laval de Québec, il enseigne successivement la sculpture, le dessin et l'estampe numérique. Ses oeuvres sont exposées dans plus de 77 expositions personnelles et collectives au Canada et à l’étranger. À cette époque, Richard Ste-Marie publie des articles sur l’art et les nouvelles technologies, entre autres dans Les Nouvelles de l’Estampe du Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France. Il fut membre de nombreux jurys en arts visuels et consultant pour la Politique d’intégration des arts à l’architecture (1%) du gouvernement du Québec. Il prend sa retraite de l’enseignement en décembre 2000.

Animateur radio. – De 2002 à 2010, il anime des émissions culturelles à CKRL-FM, la plus ancienne radio communautaire d’expression francophone à Québec, où il a interviewé plus de 600 créateurs.

Écrivain. - À compter de 2009, Richard Ste-Marie se consacre à l'écriture de nouvelles et de romans policiers. L’essentiel de son œuvre polardienne repose sur les enquêtes de son personnage fétiche, le sergent-détective Francis Pagliaro, de la Sûreté du Québec, « un flic atypique qui n’a pas de problèmes d’alcool et qui vit avec la même femme depuis 20 ans. Intelligent et persévérant, ce protagoniste des plus sympathiques est un féru de philosophie, un mélomane averti et un amateur d’art. » À l’image de son auteur.

À ce jour, six titres ont été publiés, des fictions toutes aussi palpitantes les unes que les autres (les liens hypertextes donnent accès à chaque résumé) : 

  • Un ménage rouge. – Montréal : Stanké, 2008 / Lévis : Alire, 2013. – 242 pages.
  • L'Inaveu. – Lévis : Alire, 2012. – 242 pages.
  • Repentir(s). – Lévis : Alire, 2014/2016. – 334 pages. 

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Richard Ste-Marie est aussi l’auteur de divers essais, textes et chroniques sur le Web, écrits pour la radio et livres d’artistes ainsi que de nombreuses nouvelles dont la majorité a été publiée dans la revue Alibis : 

  • Histoire(s), Alibis 32, 2009.
  • Serpents et échelles, dans Alibis 34, 2010.
  • Monsieur Hämmerli, dans Alibis 35, 2010.
  • Personnage (enquête d'auteurs), dans Alibis 38, 2011.
  • La Colère d'Hämmerli, dans Alibis 41, 2012.
  • Petite Suite Hämmerli, dans Alibis 44, 2012.
  • L'auteur, son traducteur et moi, dans Alibis 44, 2012a malle, dans Clair-Obscur 10, 2012
  • La Justice pour le mal, dans Alibis 46, 2013.
  • Quatre écrivains à Parthenais (co-écrit avec Jean-Jacques Pelletier) dans  Alibis 48
  • Le Palmarès, dans Crimes à la librairie. – Montréal : Druide, 2014.
  • Docteur Hämmerli, dans Alibis 50, 2014.
  • Le Monde selon Hämmerli, dans Alibis 56, 2015.
  • Fragile comme des empreintes dans la neige, dans Alibis 60, 2016.  

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Richard Ste-Marie accumule depuis 2009 de nombreux prix et autres distinctions :

  • 2009 : Finaliste – Prix des abonnés du Réseau des bibliothèques de la ville de Québec pour Un ménage rouge
  • 2009 : Prix spécial du jury pour la nouvelle Histoire(s) publiée dans Alibis 32
  • 2010 : Prix Alibis pour la nouvelle Monsieur Hämmerli publiée dans Alibis 35
  • 2010 : Finaliste – Prix littéraire de Radio-Canada pour la nouvelle La malle
  • 2012 : Prix « Coup de cœur » décerné par le club de lecture de la bibliothèque Mathilde-Massé de Saint-Pacôme (Prix Saint-Pacôme du roman policier), pour L'Inaveu
  • 2013 : Finaliste – Prix Arthur Ellis, Best crime book in french, pour L'Inaveu
  • 2013 : Finaliste – Prix de la Ville de Québec et du Salon international du livre de Québec, pour L'Inaveu
  • 2015 : Finaliste – Prix Tenebris, Les Printemps meurtriers de Knowlton, pour Repentir(s)
  • 2015 : Finaliste – Prix Arthur Ellis, Best Crime Book in French, pour Repentir(s)
  • 2016 : Prix « Coup de cœur » décerné par le club de lecture de la bibliothèque Mathilde-Massé de Saint-Pacôme (Prix Saint-Pacôme du roman policier), pour Le Blues des sacrifiés
  • 2017 : Finaliste – Prix Arthur Ellis, Best Crime Book in French, pour Le Blues des sacrifiés
  • 2022 : Finaliste, Best French Crime Book (Fiction and Nonfiction) / Crime Writers of Canada. Awards of excellence, pour Stigmates
  • 2023 : Prix Crime Writers of Canada Award of Excellence, meilleur livre en français, pour le roman Monsieur Hämmerli

 (sources : Wikipédia et sites des éditions Alire et de l’auteur)