20 – Les lauréats du Prix Saint-Pacôme du roman policier



À la fin des années 1990, un groupe de résidents de la municipalité de Saint-Pacôme dans la région de Kamouraska (Bas-Saint-Laurent) souhaitaient faire connaître leur localité « dans le monde entier ». Ils étaient à la recherche d’un « véhicule puissant, compatible avec la beauté et le charme » de leur village. « Un brassage d’idées épuisant, mais combien intéressant, a conduit presque naturellement à l’idée de décerner chaque année un prix littéraire au meilleur roman policier québécois. »


En 1997, Jean-Pierre Davidts avait publié un roman policier pour enfant : Le monstre de Saint-Pacôme. Jean Pettigrew, le grand manitou des éditions Alire, spécialisées dans le polar et le fantastique et éditeur, entre autres, de la revue Alibis est natif de Saint-Pacôme tout comme Maurice Gagnon, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Le Placoteux, un « praticien de cette littérature de genre fort populaire ».

C’est ainsi qu’est née en mars 2001 la Société du roman policier de Saint-Pacôme qui « a pour but premier de récompenser chaque année l’auteur du meilleur roman policier québécois francophone publié dans l’année en lui décernant le Prix Saint-Pacôme doté d’une bourse de trois mille dollars (3 000 $). Également, la Société, dans le but de susciter des vocations, octroie chaque année depuis sa fondation le Prix de la Rivière-Ouelle à des auteurs juniors et seniors de nouvelles policières. » Avec les années, d’autres prix se sont ajoutés : « le prix Coup de cœur, le prix Saint-Pacôme international, le prix Jacques-Mayer du premier polar et le prix Saint-Pacôme Jeunesse ».

Le 14 octobre 2023, la Société du roman policier de Saint-Pacôme tenait son 21e gala et remettait son prix du meilleur roman policier québécois publié en 2022 :

Ronald Lavallée. – Tous des loups. – Montréal : Fides, 2022. – 328 pages. Avis de lecture

Dans un village isolé et inhospitalier du Nord canadien, la rumeur court. Un homme en fuite, accusé d’avoir assassiné froidement sa femme et son enfant, se terrerait dans la forêt boréale.​ Matthew Callwood arrive tout juste en poste dans la région. Jeune policier idéaliste et téméraire, il est rapidement confronté à ses collègues qui boivent et fricotent avec les trafiquants du coin. Malgré tout déterminé à relever la trace du meurtrier en cavale, Callwood entreprend une traque sans relâche dans un dédale de lacs et marais aux confins indéfinissables. Au fil des mois, le policier découvre qu’il a affaire à plus fort que lui. Le chasseur devient le chassé. 

* * * * *

Depuis 2002, sauf en 2020 compte tenu de la situation générée par la pandémie de Covid-19, le jury de l’organisation a consacré les titres suivants : 

2002

Laurent Laplante – Des clés en trop, un doigt en moins. – Montréal : Instant même, 2001. – 272 pages.

Dès le premier chapitre, le lecteur est mis au parfum des intentions meurtrières que nourrit Paul Baril envers son ex-bru détestée. Le retraité et sa regrettée Françoise se sont saignés à blanc pour doter leur futur petit-fils d’une rente somptueuse. Mais la calculatrice Diane a arraché à son ex-mari la garde d’un enfant dont elle n’a que faire, dans le seul but d’empocher le magot, privant ainsi le grand-père de la présence du petit Étienne. Le récit alterne entre la machination de Paul et l’enquête d’un duo de policiers futés, dont les premiers soupçons portent plutôt sur l’amant de la belle, un costaud membre des Hell’s Angels. 

2003

 

Maryse Rouy – Au nom de Compostelle – Montréal : Québec Amérique, 2003. – 275 pages.

Pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle, les pèlerins, que l’on appelle jacquaires, suivent une des multiples routes de pèlerinage jalonnées de monastères aménagés pour les accueillir. Au début de l’été 1240, une caravane de jacquaires part de Montpellier. Parmi eux se sont glissés deux cathares. Émissaires de Trencavel, le vicomte banni de Carcassonne, ils sont chargés d’avertir ses fidèles qu’il va lancer une campagne de reconquête avant les vendanges. Dès la première étape, par une nuit de pleine lune, un jacquaire périt de mort violente. Son cadavre porte des traces de griffes et de dents. Qui l’a tué ? Un compagnon de route ou un de ces loups-garous dont tout le monde parle ? 

2004 

Jean-Jacques Pelletier. – Le bien des autres – Lévis : Alire 2003. – 807 et 651 pages.

Pendant qu’au Québec l’Église de la Réconciliation Universelle recrute secrètement des personnalités influentes, à Ottawa, un nouveau parti politique, l’Alliance progressiste-libérale et démocratique, veut prendre le pouvoir afin de maintenir l’unité du pays et de garantir la sécurité du territoire. Or, au Québec, la campagne électorale est marquée par une violence ethnique et linguistique sans précédent, ce qui fait craindre le pire à la population et fournit de l’eau au moulin de l’APLD. Puis, quelques mois après l’élection à la tête du pays de Reginald Sinclair, le chef de l’APLD, les attentats terroristes reprennent au Québec, encore plus violents. Le GANG refait surface, d’autres groupes radicaux surgissent et le jeu des représailles et contre-représailles gagne en intensité. Dans les médias, plusieurs réclament ouvertement la partition de la province alors que d’autres exigent qu’Ottawa promulgue la loi sur les mesures d’urgence et envoie l’armée. 

2005

 

Benoît Bouthillette. – La trace de l’escargot. – Montréal : JCL, 2005. – 366 pages

Benjamin Sioui, d’origine montagnaise, daltonien de son état, consommateur occasionnel de cocaïne, fan de Kurt Cobain et amoureux d’un médecin légiste à laquelle il trouve une ressemblance avec la star Laetitia Casta, enquête sur une série de meurtres. Il a toutefois affaire à un tueur génial, minutieux, dément et sadique, qui s’inspire savamment des tableaux du peintre britannique Francis Bacon pour élaborer la mise en scène de ses crimes. Au cœur d’un Montréal nocturne et marginal, on assiste alors à une lente plongée dans l’esprit de l’inspecteur, à une incursion dans l’univers tourmenté de ce héros romantique. 

2006 

Jacques Côté. – La rive noire. – Lévis : Alire, 2005. – 367 pages.

Le lieutenant Duval et son équipe se voient confier une tâche difficile : trouver qui a empoisonné Florence, l'épouse bien connue de Charles Marquis, un riche entrepreneur qui vise la mairie de Québec. Or, ce n'est qu'à la suite de l'exhumation du corps et des analyses du chimiste-toxicologue - le décès remonte à octobre 1979 - que l'on a appris que ce n'est pas le cancer ou les traitements de chimiothérapie qui ont achevé - et fait terriblement souffrir ! - cette femme que tous considéraient comme une sainte. 

2007

Patrick Sénécal. – Le vide. – Lévis : Alire, 2007. – 642 pages.

Pierre Sauvé : À l'orée de la quarantaine, veuf, père d'une fille de vingt ans. Sergent-détective à la police municipale de Drummondville, il enquête sur un quadruple meurtre qui a toutes les apparences d'un crime passionnel.

Frédéric Ferland : Début de la cinquantaine, divorcé, père de deux adultes qu'il ne voit guère, il cherche depuis des années l'excitation ultime, celle qui donnera un sens à son existence et à la vie en général, qu'il a toujours trouvée terne. Psychologue, il exerce sa profession dans la ville de Saint-Bruno.

Maxime Lavoie : Trente-sept ans, célibataire, idéaliste et milliardaire. Il y a deux ans, il a quitté ses fonctions de président de Lavoie inc. pour devenir le producteur et l'animateur de Vivre au Max, l'émission de téléréalité la plus controversée de l'heure... mais aussi la plus populaire.

Trois hommes différents, trois existences que tout sépare. Or, contre toute attente, leurs chemins se croiseront bientôt et leur vie en sera bouleversée à jamais. Tout comme celle de milliers de gens... tout comme la vôtre ! 

2008

Sylvain Meunier. – L’homme qui détestait le golf. – Montréal : Courte échelle, 2008. – 168 pages.

Le soleil du mois d’août darde ses plus chauds rayons. Les journées coulent paisiblement au gré du doux déhanchement des festivalières en robes légères. C’est alors qu’une bombe sème la panique chez les vacanciers. Un golfeur meurt, décapité par une balle bourrée de nitroglycérine. Comme d’autres, trouvées çà et là sur le terrain, la balle explosive portait la signature de Jean Chrétien… Au moment où le sergent-détective Drummond met enfin le doigt dans la faille, les événements prennent un tournant inattendu... 

2009

Chrystine Brouillet. – Promesses d’éternité. – Montréal : Courte échelle, 396 pages.

L'automne s'annonce chargé pour Maud Graham. D'abord, un homme est laissé pour mort devant l'Hôtel-Dieu de Québec. La même nuit, un détective est transporté, inconscient, au même hôpital après avoir été battu sur un terrain vague. Ces deux hommes ont-ils un lien? Graham doit aussi aider une femme à retrouver sa fille et sa petite-fille, dont elle est sans nouvelles. Elle s'intéresse également à une femme qui semble égarée, effrayée, mais qui refuse de se confier aux policiers. Quand on retrouve près du fleuve le corps d'un adolescent vêtu d'une étrange cape de toile, Graham commence à penser que ces événements sont peut-être liés. Pendant ce temps, Carol Blondin-Warren, un être inquiétant, obsédé par le feu, enjoint ses fidèles de se préparer à sauver leur âme en prévision de l'Apocalypse. 

2010

Jacques Savoie. – Cinq secondes. – Montréal : Libre expression, 2010. – 312 pages.

L’enquêteur Jérôme Marceau, surnommé « Aileron » à cause de son bras atrophié par la thalidomide, se penche sur un drame récent. Au palais de justice, un juge, un avocat, un témoin et un gardien de sécurité ont été abattus en pleine séance. La meurtrière de tout ce beau monde est Brigitte Leclerc, une jeune femme de vingt-huit ans au passé étrange mais apparemment sans histoires. Après son méfait, elle a tenté de se suicider en se tirant une balle à bout portant. Toutefois, elle s’est ratée et a vécu une expérience de mort imminente où elle a vu les événements importants de sa vie défiler en cinq secondes. 

2011 

Martin Michaud. – La Chorale du diable. – Saint-Bruno-de-Montarville : Goélette, 2011. – 507 pages.

Dans ce qui a tout l’air d’être un drame familial, une femme et ses trois enfants sont sauvagement tués à coups de hache. L’auteur présumé du carnage, le mari, s’est suicidé après s’être tranché la langue. Mais est-ce bien ce qui s’est passé ? Deux jours après, une alerte AMBER est déclenchée à l’échelle de la province de Québec : une jeune fille dévoilant ses charmes sur Internet a été kidnappée. Par qui ? Pourquoi ?Deux énigmes que vont s’attacher à résoudre en parallèle deux policiers au style rentre-dedans : Victor Lessard qui, sans compter les cadavres laissés derrière lui, en voit d’autres surgir de son passé, enlaidis par le temps ; et Jacinthe Taillon, son ancienne coéquipière à la Section des crimes majeurs, qui lui voue une haine infernale. 

2012 



Maxime Houde. – L’infortune des biens nantis. – Lévis : Alire, 2022. – 372 pages.

Alors qu’il tente de relancer sa carrière de détective privé en acceptant tous les petits boulots qui lui sont proposés, Stan Coveleski continue de reprendre goût à l’existence grâce à son ami Maranda, enquêteur à la Sûreté provinciale. Mais c’est Paméla, l’épouse du docteur Du Sablon, qui donne un coup d’accélérateur à sa petite vie tranquille quand elle l’invite à l’une des soirées mondaines qu’elle et le docteur organisent régulièrement. Dès le début de l’enquête, les policiers tiquent sur la relation entre la veuve – qui nie être l’auteure du crime – et le détective. Quand un deuxième meurtre survient dans l’entourage immédiat de Coveleski, ce dernier devient le principal suspect. 

2013 

Martin Michaud. – Je me souviens. – Saint-Bruno-de-Montarville : Goélette, 2011. – 648 pages.

À Montréal, juste avant Noël, un homme et une femme meurent le cou transpercé par ce qui semble être un instrument de torture sorti tout droit du Moyen Âge. Auparavant, ils ont entendu la voix de Lee Harvey Oswald, l’assassin présumé du président Kennedy. Un sans-abri se jette du haut d’un édifice de la place d’Armes. Ayant séjourné à plusieurs reprises en psychiatrie, il prétendait avoir participé, avec le FLQ, à l’assassinat de Pierre Laporte. Sur le toit, avant de sauter, il laisse deux portefeuilles, ceux des victimes.... 

2014 

Andrée A. Michaud. – Bondré. – Montréal : Québec-Amérique, 2014. – 304 pages.

Été 67. Le soleil brille sur Boundary Pond, un lac frontalier rebaptisé Bondrée par Pierre Landry, un trappeur canuck dont le lointain souvenir ne sera bientôt plus que légende. Le temps est au rire et à l’insouciance. Zaza Mulligan et Sissy Morgan dansent le hula hoop sur le sable chaud, les enfants courent sur la plage et la radio grésille les succès de l’heure dans l’odeur des barbecues. On croit presque au bonheur, puis les pièges de Landry ressurgissent de la terre, et Zaza disparaît, et le ciel s’ennuage. 

2015 

Luc Chartrand. – L’affaire Myosotis. – Montréal : Québec-Amérique, 2015. – 472 pages.

Paul Carpentier a-t-il vraiment profané la mémoire du Second Temple de Jérusalem ? A-t-il basculé dans l’antisémitisme, comme veulent le faire croire ceux qui cherchent à l’éliminer ? Carpentier, un ancien journaliste, vit en Israël avec sa femme, Rachel, et leur fils, David. Alors que celui-ci découvre ses racines juives, il entre en révolte profonde contre son père, qu’il accuse de trahir son sang en frayant avec des Palestiniens. Un meurtre dans la bande de Gaza vient catalyser la crise qui couvait. Et si cette mort avait pour but d’étouffer une enquête sur un crime de guerre ? 

2016 

André Jacques. La bataille de Pavie. – Montréal : Druide, 2015. – 464 pages.

Quand l'antiquaire Alexandre Jobin, ancien officier des services de renseignement de l'armée canadienne, sort d'une consultation médicale inquiétante, il sait que la mort le guette. Que faire ? Boire jusqu'à plus soif ? S'isoler jusqu'à l'heure fatale ? Deux évènements l'extrairont de cette sombre spirale. D'abord, on lui propose un contrat alléchant : aller en Italie pour faire expertiser et vendre des esquisses anciennes. Puis, il y a Linda Parenteau, une ancienne maitresse emprisonnée à Joliette pour fraude et association de malfaiteurs, qui le supplie de se rendre à Palerme afin de retrouver sa fille, Pavie, qui court un grave danger. 

2017 

Patrick Senécal. L’autre reflet. – Lévis : Alire, 2016. – 431 pages.

Il s’appelle Michaël Walec et il rêve de publier un roman noir – un bon, un vrai ! Alors depuis trois ans, le soir, après avoir donné ses cours de français aux détenues de l’Établissement Joliette pour femmes, il bûche sur son manuscrit. Et quand il visite les Salons du livre, il se dit que, un jour, lui aussi fera partie de la grande famille des écrivains. Mais depuis quelque temps, alors qu’il s’acharne à réécrire les scènes pivots de l’intrigue, force lui est d’admettre que, malgré son indéniable talent littéraire, il n’arrive pas à insuffler à son manuscrit ce « petit quelque chose » qui en ferait un bon, un vrai, un excellent roman noir. 

2018 

Jean-Jacques Pelletier. – Deux balles un sourire. – Montréal : Hurtubise, 2017. – 432 pages.

« On est à des années-lumière des scènes de crime sordides. Pas de flaques de sang. Pas d'os qui protubèrent ici et là. Pas de substances glaireuses qui s'écoulent de la tête... Tout l'intérieur de la victime est demeuré sagement rangé à l'intérieur des frontières définies par son épiderme. » Normalement, les cadavres ne sourient pas. Et ils n'ont pas l'air aussi heureux. Pas après avoir reçu deux balles dans la tête. D'où la perplexité de l'inspecteur-chef Dufaux. 

2019 

 André Jacques. – Ces femmes aux yeux cernés. – Montréal : Druide, 2018. – 400 pages.  Avis de lecture

Au cours d'une descente au repaire de Grigor Chukaliev, un caïd de la mafia russe, le SPVM saisit deux tableaux d'un maitre de l'art contemporain qui, au moment de l'expertise, se révèlent des faux. Et l'un d'eux a été vendu par l'antiquaire Alexandre Jobin. Quelques jours plus tard, un cocktail Molotov éclate dans la vitrine de sa boutique, tandis que le galeriste qui a vendu le second tableau est retrouvé assassiné. Pour éviter d'autres représailles et pour sauver sa peau, Alexandre décide de remplacer le faux tableau par un vrai. Il part alors à la recherche du peintre des oeuvres originales, Jordi Carvalho, un artiste catalan qui semble avoir disparu de la circulation depuis plus de dix ans. De Montréal à Barcelone, puis à Paris, cette quête ne sera pas de tout repos pour notre héros. Heureusement, entre les séquelles du passé et les cauchemars qui le hantent, un ange sombre veille sur lui... 

2021 

Biz. – Les abysses. – Montréal : Leméac, 2019. – 144 pages.

On peut être au coeur de la forêt et sentir néanmoins s'ouvrir sous ses pieds des profondeurs abyssales. On peut être sur la terre ferme et néanmoins se noyer... Catherine se noie. Son père, son unique parent à qui elle tient plus que tout au monde, son « père-mère », son ami, son confident... son père est enfermé dans une cellule de la prison à sécurité maximale de Port-Cartier. Michel Métivier, surnommé le « boucher de Baie Comeau », ne doit pas en sortir avant une dizaine d'années. En attendant, sur les murs aveugles de son cachot, il dessine aux marqueurs fluo des créatures pélagiques, fantômes phosphorescents auxquels il consacre maintenant son temps après avoir passé sa vie à empailler ses trophées de chasse. De son côté, Catherine est en liberté mais vit dans une autre forme de prison. Entre ses rencontres avec la psy du cégep, ses visites à son père et ses piètres tentatives pour démontrer un semblant de normalité, elle perd pied et se love autour d'un secret trop lourd à porter, qui l'entraîne vers le fond. 

2022 

Anna Raymonde Gazaille. – Secrets boréals. – Montréal : Leméac, 2021. – 288 pages.

Dans un village aux confins de la forêt boréale où elle est venue se réfugier, Brigit tente de fuir un passé marqué par la violence. Mais le malheur semble la poursuivre même au sein de cette petite communauté repliée sur ses méfaits. Dans un ravin à la frontière de ses terres, elle fait la découverte du cadavre d’une jeune fille récemment portée disparue. Un inspecteur de la capitale est chargé de cette affaire de plus en plus complexe. Brigit, tiraillée entre l’exigence de taire ses secrets et son implication dans l’enquête, voit ressurgir ses hantises et les événements tragiques de son ancienne vie. Ce drame nordique, on le suit en alternance avec celui de Dana qui, à l’autre bout du monde, dans des camps de migrants surpeuplés, est à la fois témoin et victime de multiples massacres. Qu’ont en commun ces deux héroïnes aux prises avec la barbarie de notre siècle ?

 

Sources : site web de la Société et des éditeurs.


19 – Des polars du froid imaginés dans le nord-est de l’Amérique

 


(Shefferville – Source : Wikipédia)

Dans une entrevue publiée le 18 mai 2022 dans le journal Le Devoir de Montréal, Catherine Lafrance qui vient de publier son deuxième polar, Le dernier souffle est le plus lourd, rappelait qu’on oublie trop souvent notre situation géographique : « Nous sommes des Nordiques : il fait plus froid à Montréal qu’à Moscou. Il faut retrouver notre nordicité tout en étant Nord-Américains. »

Le Québec est un état nordique. Cette nordicité sert également à y camper des enquêtes policières qui donnent froid dans le dos, dans les deux sens de l’expression. Si Gilles Vigneault, notre poète national, a chanté « Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver », plusieurs auteur,es de polars noirs ont répliqué avec des scénarios tous aussi originaux les uns que les autres, « à la croisée des chemins entre le polar suédois et sa version nord-américaine ».

En voici quelques exemples publiés entre 2010 et 2023 qui ont pour cadre l’hiver ou le nord du 49e parallèle :  


François Barcelo – Le seul défaut de la neige. – Montréal : XYZ, 2010. – 146 pages.

Yannick, 22 ans, célibataire, préposé au déneigement à Saint-Christophe-de-Bougainville, reçoit un coup de fil de sa tante Estelle, une belle femme à son goût. Mais est-elle vraiment sa tante? Yannick pourrait-il s'infiltrer dans son lit pendant que son oncle policier est parti patrouiller? L'auto d'Estelle est prise dans la neige près du dépotoir. Yannick part au secours de sa tante au volant de son tracteur. Rendu sur place, il découvre un cadavre. Se débarrasser d'un cadavre, passe encore, mais un cadavre en appelle un autre. 

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Sébastien Gagnon et Michel Lemieux. – Territoire de trappe. – Montréal : Tryptique, 2022. – 240 pages.

Loin au nord du lac Saint-Jean, décembre 1913. Aux abords de la rivière Platte, aux confins de nulle part, se dressent les rares maisons croches d’un hameau sans nom. C’est là-bas, après des mois de piégeage dans les forêts boréales, que Léon redescend pour retrouver sa famille et fêter Noël. Or, à son retour, il n’a plus rien à célébrer : durant son absence, son épouse est morte de consomption et le cadavre de leur fille a été trouvé dans la Platte – un cours d’eau pourtant si peu profond. Quand Léon et ses acolytes découvrent les responsables de la tragédie, ils entament une partie de chasse d’un tout nouvel ordre. Armés de pièges et de carabines, animés par la vengeance, Léon et ses alliés s’arrêteront seulement lorsque justice sera faite. La tâche semble d’abord facile, presque trop facile, mais les femmes du village et Reth, chasseur de primes de fraîche date, se mêlent de leurs affaires et compliquent leur plan. 

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Julien Gravelle. – Nitassinan. – Marseille : Wildproject, 2020. – 400 pages.

Nitassinan : « notre terre », en langue innue. Au nord du lac Saint-Jean, au Québec, c’est un bout de forêt boréale sur laquelle peu de choses ont été écrites. Neuf récits, neuf destins, situés à neuf époques différentes à travers cinq siècles d’une histoire tumultueuse. Des chasseurs amérindiens, des colons, des coureurs des bois, un scientifique – des chiens, des ours, des caribous, des orignaux.Ces histoires cruelles et puissantes, obscurément reliées, forment la grande épopée d’une terre, le vaste roman d’un lieu.

Julien Gravelle. – Les cow-boys sont fatigués. – Montréal : Leméac, 2021. – 184 pages.

Debout devant la fenêtre de la cuisine, je regardais dehors les vieilles carlingues abandonnées dans la cour. […] Ces carcasses restaient immobiles, ourlées d’herbes sèches et blanchies par l’automne, comme des mues d’insectes séchées au soleil. Je les regardais dans la lueur du zénith et je me disais que moi aussi finalement, j’étais peut-être bien une espèce en voie de disparition.

Au bout d’un chemin de débardage laissé à l’abandon, quelque part entre les rivières Mistassini et Ouasiemsca – aussi bien dire au creux du monde –, Rozie vit seul avec ses chiens. Le lieu lui convient très bien. La solitude aussi. Mais son travail, beaucoup moins. Il doit fabriquer dans son laboratoire clandestin des amphétamines pour le compte d’une bande de trafiquants. Il voudrait bien passer à autre chose. Mais son passé le rattrape. Et il risque de tout perdre. 

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Isabelle Grégoire. – Fille de fer. Montréal : Québec Amérique, 2019. – 240 pages.

Seule femme dans un monde d’hommes qui lui est hostile, Marie est conductrice de train minier dans le Nord québécois. Un soir de tempête, son convoi s’immobilise. Déraillement ? Elle se précipite au-dehors pour mesurer les dégâts et se retrouve face contre neige, blessée. Elle est recueillie par un mystérieux ermite, envoûtant et lettré. Sur fond de préoccupations environnementales, de tensions entre Blancs et autochtones, se tisse une histoire d’amour. Une histoire périlleuse et sauvage, comme le territoire que Marie sillonne avec son train. 

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Isabelle Lafortune. – Terminal Grand Nord. – Montréal : XYZ, 2019. – 350 pages.  Avis de lecture

Avril 2012. Les corps de Natasha et de sa soeur Gina sont retrouvés aux abords d’un sentier de motoneige de Schefferville. L’inspecteur Émile Morin, dépêché sur place par un gouvernement qui craint le scandale, a beau fouiller, personne ne se rappelle avoir croisé les deux jeunes Innues originaires de Maliotenam, quelques centaines de kilomètres plus au sud. Devant une situation où s’entremêlent des réalités culturelles, sociales et politiques complexes, se frayer un chemin vers la vérité n’est pas chose simple. L’inspecteur emmène donc avec lui son bon ami l’écrivain Giovanni Celani, un habitué de la région, pour l’aider à naviguer dans le climat de tension de cet ancien eldorado minier. Leurs théories seront constamment ébranlées par les phrases cryptiques de Sam, un Innu de la réserve voisine, philosophe à ses heures et gardien des secrets de chacun. Alors qu’émergent regrets et demi-vérités, l’inspecteur Morin devra trouver à qui s’allier pour empêcher que l’horreur ne se répète.

Isabelle Lafortune. – Chaîne de glace. – Montréal : XYZ, 2022. – 456 pages.  Avis de lecture

Sept ans ont passé depuis les événements ayant ébranlé Schefferville, mais Émile Morin n’a jamais tourné la page. Son obsession pour la Métald’Or et autres pilleurs du Nord en mal d’éthique l’a mené à prendre la tête d’une unité spéciale dédiée à ces dossiers, et à creuser, creuser encore. Faute de résultats probants, ou peut-être justement parce qu’il est sur le point d’en livrer, voilà qu’il sent son soutien politique vaciller. Sa santé mentale également. L’enquêteur Morin a besoin d’une victoire. Pour prouver à sa hiérarchie qu’il avait raison de sonner l’alerte au sujet des minières ; pour convaincre Giovanni qu’il a fait le bon choix en endossant l’uniforme… Mais aussi pour rebâtir le lien de confiance l’unissant à sa fille, de plus en plus distante. C’est du côté de Havre-Saint-Pierre, sur le site de la centrale hydroélectrique La Romaine-1 où un cadavre a été découvert, qu’il sera mis devant le premier maillon d’une chaîne de conséquences le menant, peut-être, vers la vérité. 

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Catherine Lafrance. – L’étonnante mémoire des glaces. – Montréal : Druide, 2022. – 424 pages.  Avis de lecture

La pluie verglaçante est tombée toute la nuit. Montréal ressemble à une patinoire. Dans la salle de rédaction à moitié vide d’un quotidien, où traînent encore des guirlandes de Noël, des reporters rentrent lentement au travail, tandis qu’à Saint-Albert-sur-le-Lac, village aux allures de carte postale niché au cœur des Cantons-de-l’Est, on constate les conséquences tragiques d’un incendie. Le journaliste Michel Duquesne est dépêché sur place. Une révélation étonnante, puis des traces emprisonnées dans la glace vont l’amener sur une piste qui l’exposera à des dangers insoupçonnés, tout en réveillant en lui des monstres de son enfance. Au grand dam de ses patrons, Duquesne n’en fera qu’à sa tête pour aller au fond de cette affaire.

Catherine Lafrance. – Le dernier souffle est le plus lourd. – Montréal : Druide, 2023. – 408 pages.

Dans une ville paralysée par une tempête de neige, l’intuition de Michel Duquesne le pousse à s’interroger sur les circonstances d’un drame énigmatique. Cette piste va le plonger au cœur de l’industrie pharmaceutique, où il découvrira à quel point la corruption sévit. Les ramifications de cette nouvelle enquête le mèneront dans l’antichambre du pouvoir politique, à Québec et à Ottawa. Le premier ministre serait-il mêlé à tout cela ? Le journaliste, en levant le voile sur ces fraudes, mesurera à quel point l’existence humaine compte parfois pour bien peu quand l’avidité est le moteur de toute action. Pendant ce temps, sa vie personnelle et celle d’Odile, sa conjointe, seront bouleversées par une découverte inattendue. Alors qu’il se croyait à l’abri, dans sa bulle familiale, il devra se battre pour qu’elle n’éclate pas. 

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Ronald Lavallée. – Tous des loups. – Montréal : Fides, 2022. – 328 pages.

Dans un village isolé et inhospitalier du Nord canadien, la rumeur court. Un homme en fuite, accusé d’avoir assassiné froidement sa femme et son enfant, se terrerait dans la forêt boréale. Matthew Callwood arrive tout juste en poste dans la région. Jeune policier idéaliste et téméraire, il est rapidement confronté à ses collègues qui boivent et fricotent avec les trafiquants du coin. Malgré tout déterminé à relever la trace du meurtrier en cavale, Callwood entreprend une traque sans relâche dans un dédale de lacs et marais aux confins indéfinissables. Au fil des mois, le policier découvre qu’il a affaire à plus fort que lui. Le chasseur devient le chassé. Sur un territoire démesuré au climat impitoyable, la nature sauvage, surtout celle de l’homme, reprend toujours ses droits. 

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Martin Michaud. – Jusqu’au dernier cri. – Montréal : Libre expression, 2021. – 305 pages.  Avis de lecture

Dans une mine de Matagami, un homme retient huit otages après une transaction de drogue qui a mal tourné – trois membres d'un puissant cartel de trafiquants d'opium ont été assassinés. Seule personne à qui le preneur d'otages accepte de parler, Victor se rend sur les lieux à la demande de la GRC, mais rien ne se passe comme prévu. Avec Jacinthe, il se retrouve catapulté sur les traces de l'auteur du triple meurtre. Les deux enquêteurs du SPVM ne sont toutefois pas les seuls à ses trousses ; des hommes de main du cartel le cherchent également sans relâche dans l'espoir de venger les leurs, mais surtout de récupérer la mallette qui était menottée au poignet de l'une des victimes.Chasse à l'homme effrénée en plein blizzard sur les routes enneigées du Nord-du-Québec, cette sixième enquête de Victor Lessard le plongera au cœur des préoccupations d'un monde en perte de repères et lui offrira l'occasion de réaffirmer le caractère indéfectible de son amitié pour Jacinthe au moment où ils ont le plus besoin l'un de l'autre. 

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Louise Penny. – Sous la glace. – Montréal : Flammarion Québec, 2011. – 384 pages. 

L’hiver a enveloppé de neige le village endormi de Three Pines. Le temps des fêtes appelle à la paix et aux bons sentiments, jusqu’à ce qu’un cri déchire l’air glacé. Un meurtre a été commis : une spectatrice de la traditionnelle partie de curling a été électrocutée sous les yeux de tous, au beau milieu d’un lac gelé. Pour diriger l’enquête, l’inspecteur-chef Armand Gamache revient dans la charmante communauté anglophone. Avec minutie, il dévoile le passé de la victime et découvre un écheveau de secrets et de rivalités. Gamache a cependant ses propres ennemis au sein de la Sûreté du Québec ; il sait qu’il ne peut se fier à personne. Tandis qu’un vent mordant souffle sur Three Pines, une menace plus glaçante encore plane sur lui.

Louise Penny. – Enterrez vos morts. – Montréal : Flammarion Québec, 2013. – 464 pages.

Tandis que le Vieux-Québec scintille sous la neige et s’égaye des flonflons du carnaval, Armand Gamache tente de se remettre du traumatisme d’une opération policière qui a mal tourné. Mais, pour l’inspecteur-chef de la SQ, impossible d’échapper longtemps à un nouveau crime, surtout lorsqu’il survient dans la vénérable Literary and Historical Society, une institution de la minorité anglophone de Québec. La victime est un archéologue amateur connu pour sa quête obsessive de la sépulture de Champlain. Existerait-il donc, enfoui depuis quatre cents ans, un secret assez terrible pour engendrer un meurtre ? Confronté aux blessures de l’histoire, hanté par ses dernières enquêtes, Gamache doit replonger dans le passé pour pouvoir enfin enterrer ses morts.

Louise Penny. – La Faille en toute chose. – Montréal : Flammarion Québec, 2014. – 512 pages.

Noël approche, mais l’inspecteur-chef Armand Gamache n’a pas le cœur à la fête. Ses meilleurs agents ont quitté la section des homicides et Jean-Guy Beauvoir, son fidèle lieutenant, travaille désormais pour son pire ennemi, le directeur général Francœur. Aussi saisit-il l’occasion de se réfugier à Three Pines quand Myrna lui demande son aide pour retrouver une amie disparue. Cette piste l’entraîne jusqu’à la naissance quasi miraculeuse de quintuplées dans le noir Québec des années 1930. Aujourd’hui, d’autres ombres menacent la province et Gamache doit combattre sur plusieurs fronts, car un complot sordide se trame à la Sûreté. 

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Christian Ricard. – Une piste sanglante. – Montréal : Pierre Tisseyre, 2022. – 176 pages.

Tout a commencé par la mort du vieux. Cancer. Celui des poumons et d'une vie gaspillée à vider des bières, à pelleter des nuages et à remplir des machines à sous… Toujours, il avait compté sur les autres, sur moi, pour le garder à flot de sa misère. Je devais me tenir à l'écart, sans jamais y parvenir: c'était mon père. Et maintenant qu'il était parti, je me sentais vide. C'est là que j'ai eu une soudaine envie d'espace. Sur un coup de tête, j'ai décidé de filer vers Natashquan pour trouver Waban, un vieil ami de p'pa, et peut-être me retrouver en chemin. Je dois dire qu'en grimpant dans ma Subaru, j'étais loin de me rendre compte que je m'apprêtais à remonter une piste sanglante…  

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Olivier Challet. – Série éliminatoire. – Montréal : Éditions du Boréal, 2023. – 371 pages.

Montréal n’a pas encore eu le temps de se remettre des excès du 31 décembre que le premier homicide de l’année est déjà annoncé : un agent du SPVM habillé en civil a été étranglé dans le parc Jarry. Alors que les médias s’affairent à la recherche d’un scoop, la direction de la police met la pression sur ses troupes : il faut des réponses pour rassurer la population et montrer que le meurtre d’un policier ne reste jamais longtemps impuni.

Ces réponses, c’est au lieutenant-détective Jack Barral et à ses collègues de la division des crimes majeurs qu’il incombera de les trouver. Très vite, ils se rendront compte que le quotidien banal et fade de la victime dissimule un univers beaucoup plus sombre et ils n’auront d’autre choix que de se lancer, en plein hiver, dans une folle course contre la montre à l’échelle du Québec.

18 – Les littératures du crime dans le milieu sportif

Source image : Zonelivre.fr


Au niveau international, le monde du sport a servi de terreau fertile pour y camper un très grand nombre de polars. La liste « 
Le Sport dans le roman policier ou le polar » publiée en 2021 sur le site Zonelivre.fr est fort éloquente : plus d’une centaine de fictions y sont classées par sport (le football emportant la palme) et par thème (Jeux olympiques et BD).

Au Québec, par contre, depuis 2000, quelques écrivains y ont développé leurs intrigues. 



 Michel Dolbec. – Palet dégueulasse. – Paris : Édition Baleine, 2000. – 163 pages.

Au Québec, le hockey sur glace est une religion. Quand les Caribous de Montréal se retrouvent en finale de la coupe Stanley, tout un peuple se met à genoux pour adorer ses idoles. Mais pour le poulpe, Gabriel Lecouvreur, la messe n'est jamais dite. Un concierge obèse abattu froidement dans une rue de Montréal va perturber l'office. Le directeur du Montréal-Matin met à la disposition du poulpe les archives de son journal. Les découvertes du héros le conduisent à Shawinigan, ville natale de Paul Gingras, l'obèse assassiné qui n'a jamais fait de mal à personne. De fil en aiguille, il apprend que sa mort est reliée au hockey.

Le roman se termine dans les coulisses des Caribous. Le match décisif procure finalement aux partisans la victoire ultime assurant la survivance de la race canadienne-française. Rien de moins. Et rien de mieux que de célébrer ce triomphe par une émeute, qui lance le poulpe sur la piste du tueur de Paul Gingras. Comme dans tous les sports, tout n'est pas propre. L'amour du palet (la rondelle) peut aussi se montrer dégueulasse quand il se prête aux abus sexuels.

 Leif Tande en a fait une bande dessinée publiée en 2004 : 

 

Michel Dolbec et Leif Tande. – Le poulpe - Palet dégueulasse.  – Montpellier : Six pieds sous terre, 2004. – 90 pages. 



 

Michel Dolbec est né à Shawinigan. Il a écrit son premier roman, Palet dégueulasse, pour un lectorat français afin de leur faire découvrir le Québec depuis le restaurant La Binerie de Montréal jusqu'au Stade olympique, en passant par les bars où son héros découvre l'excellence des bières québécoises. 

 

Leif Tande (de son vrai nom Éric Asselin), originaire de Montréal, « est le secret le mieux gardé de la bande dessinée québécoise. […] L’œuvre maîtresse de Leif Tande, l’album « Morlac », est un véritable labyrinthe de cases dans lequel le lecteur doit découvrir le fil d’Ariane qui va permettre au personnage principal de sortir indemne de ce dédale. Autre projet fou de Leif Tande : créer une bande dessinée à raison d’une planche par jour pendant toute une année. Le résultat : une brique de 365 pages, « L’Origine de la vie », la biographie de la première molécule vivante sur terre. » (source : BD Québec) 


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François Barcelo. – J’haïs le hockey. – Montréal : Coups de tête, 2011. – 129 pages. 

Antoine Vachon déteste le hockey. À la suite de l’assassinat de l’entraîneur de l’équipe de son fils, Antoine se voit pourtant contraint de le remplacer au pied levé. Sa vie va alors changer. Qui a tué son prédécesseur ? Le flou persiste. Le fils d’Antoine aurait-il quelque chose à voir dans tout cela ? L’entraîneur était pourtant très apprécié de sa communauté, il s’occupait bien de ses joueurs. Trop bien peut-être…

 

 

François Barcelo est un publicitaire et un écrivain québécois né à Montréal, titulaire d’une maîtrise en littérature française. Il est « l’auteur de plus de cinquante livres marqués par un sens de l’humour inébranlable : albums pour tout-petits, romans pour les jeunes et romans d’aventures, romans littéraires, polars et essais. Il a été le premier auteur à recevoir les prix de littérature TD et Hackmatak. Il a reçu en 2007 l’un des Prix littéraires du Gouverneur général. Son roman Cadavres a été le premier livre québécois publié dans la célèbre Série noire de Gallimard. » (source : Répertoire Culture-Éducation Québec) 

J’haïs le hockey s’inscrit dans une série : J'haïs les bébés (2012), J'haïs les vieux (2013) et J'haïs les Anglais (2014). 

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Mikaël Archambault. – Dernière manche. – Boucherville : Éditions de Mortagne, 2022. – 368 pages.  Avis de lecture 

Samuel Cadieux, le joueur de tennis numéro un au classement mondial, décède en plein match aux Internationaux du Canada, à Montréal. S’agit-il d’un cas de « mort subite du sportif »? Pas pour Gaétan Tanguay, journaliste spécialisé en statistiques avancées. Contacté par un mystérieux informateur qui affirme détenir d’importantes révélations au sujet du joueur, il croit plutôt à un meurtre déguisé.

Aidé par Tarah, une jeune femme très intéressée par le passé de Cadieux, Gaétan mène l’enquête et déterre des secrets qui ne demandaient qu’à rester enfouis. Mensonges, menaces, complots : dans l’entourage de la star du tennis, tout le monde semble avoir quelque chose à cacher. 

 

Mikaël Archambault. – En échappée. – Boucherville : Éditions de Mortagne, 2022. – 288 pages.  Avis de lecture 

Karl Larouche, un ex-hockeyeur de la ligue nationale, s’évade du pénitencier où il purgeait une peine de six ans pour homicide involontaire à l’endroit d’un ancien adversaire. Au même moment, Montréal accueille le septième match de la finale des séries éliminatoires sans savoir qu’un drame s’apprête à ébranler la ville. En effet, le gardien de but de l’équipe locale est retrouvé sans vie. Aussitôt, Larouche devient l’ennemi public numéro un. Le journaliste sportif Gaétan Tanguay, féru de statistiques avancées, et sa nouvelle associée Tarah Dalembert tentent de démêler le fil des événements. S’engage alors une chasse à l’homme de laquelle tous ne sortiront pas indemnes. 


 

Mikaël Archambault. – Hors-jeu : une enquête de Gaétan Tanguay. – Boucherville : Éditions de Mortagne, 2023. – 284 pages. Avis de lecture 

À Toronto pour couvrir la Coupe du monde de soccer masculin, la journaliste sportive Tarah Dalembert met le doigt sur une nouvelle potentiellement explosive… puis se volatilise sans donner signe de vie.

Son associé Gaétan Tanguay se rend dans la Ville-Reine pour la retrouver. Remontant le fil des indices qu’elle lui a laissés, il comprend qu’un des joueurs de l’équipe canadienne pourrait être lié à sa disparition, mais lequel exactement ? Et pourquoi ?

Ne reculant devant rien pour le découvrir, il se lance dans une course contre la montre où chaque heure est comptée. 


 

Mikaël Archambault est auteur dans le domaine de l’humour, scénariste à la télévision et scripteur pour de nombreux artistes. Une quatrième aventure du binôme Tanguay-Dalembert, cette fois dans le milieu du baseball. 

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David Snow. – Le match du Vendredi saint. – Montréal : Saint-Jean, 2023. – 502 pages. 

Le matin du Vendredi saint, cinq détenus du Québec quittent leur cellule à tout jamais. Confiés à une organisation obscure, ils sont invités à participer à un «jeu de la seconde chance». Les règles en sont simples: avec peu de ressources, dans un quadrilatère précis de Montréal, ils doivent éliminer les quatre autres concurrents. Le grand prix: une belle somme d’argent, une nouvelle identité et un billet d’avion aller seulement pour la destination de son choix. Directement d’un somptueux manoir de Magog, les organisateurs de cet événement suivent la compétition à distance. Parmi eux : le premier ministre du Québec, le propriétaire du Canadien de Montréal, le ministre de la Justice, les chefs de la SQ et du SPVM, les parrains des mafias italienne et russe, le boss de la GRC. Dans le contexte de cette « course de Pâques », les paris, les alliances, la soif de vengeance et la débauche volent littéralement la vedette aux petits cocos en chocolat. La vingtième édition de cette étrange compétition réserve toutefois des surprises. L’un des invités n’est pas celui qu’il prétend être. Et l’un des concurrents, non plus… 


 

David Snow a passé l’essentiel de son enfance enfermé dans une bibliothèque du West Island, où ses parents l’envoyaient réfléchir sur son comportement. À défaut d’y découvrir une sagesse ou une maturité qui ne viendront jamais, il y a développé un amour profond du thriller et du roman noir. Il n’a jamais cessé de faire des mauvais coups, et considère ce roman comme le meilleur d’entre eux. (source : éditeur)