08 – Une femme de théâtre qui s’est lancée dans l’écriture romanesque par besoin de liberté littéraire (Maureen Martineau)

Quelques mois après la publication de son plus récent roman, laissez-moi vous présenter Maureen Martineau originaire de la région de l’Outaouais, au sud du Québec, frontière avec l'Ontario.

 


Comédienne, metteure en scène et auteure dramatique pendant 3 ans au Théâtre Parminou, un théâtre d'intervention ayant pour mission artistique de développer un théâtre populaire engagé dans les problématiques sociales de son époque, l’auteure de neuf polars et de plusieurs nouvelles noires vit à Tingwick, une municipalité québécoise située dans la Municipalité régionale de comté (MRC) d'Arthabaska, dans la région administrative du Centre-du-Québec. Son expertise en art social l’a menée en Amérique centrale, en Inde et en Afrique où elle a collaboré avec l’ONG One Drop.

« Maureen Martineau écrit avec la rigueur d’une marathonienne. Pour cette écrivaine, écrire un roman, c’est être en dialogue avec son texte. Résultat pour le lecteur : un récit où on ne s’ennuie pas, où les personnages se complexifient au fur et à mesure », privilégiant aussi « les fictions qui accordent une part au réel et s’ancrent dans la ruralité ».

De 2021 à 2022, elle publie une série mettant en vedette la sergente-détective Judith Allison. À ce jour, cinq titres sont parus :


Le jeu de l’ogre. – Montréal : La courte échelle, 2012. – 450 pages.

Prix d'excellence du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) 2013.

« Tingwick, 2008. Alors qu’elle s’apprête à intenter des poursuites contre l’homme qui lui a volé sa jeunesse, Marie-Paule Provost perd la vie dans un accident de voiture. Ses deux filles, Nickie et Alexandra, prennent le relais de sa quête. S’ensuivent une mort, une disparition, un drame familial, autant d’incidents criminels qui laissent peu d’indices sur le mince fil qui les relie. »

 

L’enfant promis. – Montréal : La courte échelle, 2013. – 380 pages.

Prix Arthur-Ellis meilleur roman policier francophone du Canada 2014

« Tingwick, 2011. Dans une érablière de Saints-Martyrs-Canadiens, on découvre les ossements d’une femme. À qui appartiennent ces restes humains qu’aucun parent ne réclame ? Le lendemain, Lucas Blondin, cinq ans, est porté disparu. Fugue ou enlèvement ? »

 

L’Activiste – Le jour des Morts. – Montréal : VLB, 2015. – 320 pages.

« À l'aube du 2 novembre 2013, une explosion détruit le guichet automatique de la caisse de Tingwick, au Centre-du-Québec. Qui se trouve derrière cet attentat que personne ne revendique ? »

 

La ville allumette. – Montréal : VLB, 2018. – 312 pages

« Alors même qu’il est un fugitif traqué, l’activiste Jacob Lebleu prépare des attentats contre Jean-Marc Courville, un promoteur immobilier sans scrupule aux projets mégalomanes. Ce dernier a notamment dans sa mire l’île de Hull et la dernière « maison allumette » de la rue Falardeau, épargnée par les grues de son père en 1969. Cette année-là, près de 6000 résidents aux moyens modestes avaient été expropriés pour permettre la construction des édifices fédéraux de la nouvelle « capitale nationale ». Dix ans plus tôt, c’était le plan Gréber qui sonnait le glas des Plaines LeBreton, un quartier ouvrier d’Ottawa. Lebleu, originaire de la région, ne l’a pas oublié. Avec la « grande débâcle » qu’il prépare, il veut rendre justice à ces tragédies et prêter main-forte aux nations algonquines qui cherchent, elles aussi, à empêcher un projet immobilier sur l’île Chaudière, un site ancestral sacré. »

 

Les enfants de Godmann. – Montréal : VLB, 2022. – 423 pages. Avis de lecture

« Gatineau, 24 février 2020. Dans une chambre de l'Hôpital de Hull alors en pleine grève du zèle, un patient âgé, le docteur Viktor Godmann, est retrouvé mort dans des circonstances suspectes. Drame familial, vengeance, crime médical ? Les hypothèses qui se dessinent pour expliquer son décès sont plus qu'inquiétantes. » 


Maureen Martineau a aussi écrit deux autres polars qui ont été publiés au Québec et en France :


Une église pour les oiseaux. - Montréal : Héliotrope Noir, 2015. – 183 pages / La Tour d’Aigues : Éditions de l’Aube, 2022. – 192 pages.

« Réfugiés dans le clocher de l'église, des martinets ramoneurs cherchent désespérément à migrer vers l'Amérique centrale. Ham-Sud, petit village de l'Estrie, est en proie à une contamination grave qui frappe les bêtes et les êtres humains. Loin de se douter qu'on l'a prise pour cible, la mairesse, dépassée par la catastrophe, mène l'enquête. »

ZEC La Croche. – Montréal : Héliotrope Noir, 2020. – 171 pages.

Le silence des bois. – La Tour d’Aigues : Éditions de l’Aube, 2021/2022. – 176 pages. Avis de lecture

« Haute-Mauricie. Le train avance lentement entre lacs et forêts. À la gare de Rapide-Blanc, la vieille Mikona Awashish en descend pour rejoindre sa fille, qui l'attend sur le quai. Par la fenêtre du wagon, l'agent de protection de la faune André Chillas épie les deux Atikamekw, persuadé qu'elles sont là pour braconner. Mais c'est à un autre type de chasse que les femmes ont l'intention de s'adonner. »

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En 2021, en collaboration avec Ariane Gélinas, Maureen Martineau [qui a publié  en 2015 Page soixante-deux, dans Crimes à la bibliothèque et, en 2016, Marie-Marthe, dans le numéro 58 de la revue Alibis] a lancé un recueil de nouvelles noires :

Ariane Gélinas / Maureen Martineau. – Criminelles. – Lévis : Alire, 2021. – 269 pages.

 

Sur la couverture de quatrième, les auteures décrivent leur démarche :

« … nous avons alors pensé que le crime aimait les complices et qu’il serait stimulant de concocter ensemble des plans crapuleux. Nous pourrions écrire un recueil à quatre mains, qui prendrait pour cadre les noires forêts, leurs zecs, les chalets près de lacs parfois anonymes. Nous avons aussi en commun, depuis nos premiers écrits, la propension à camper nos histoires en région, en milieux ruraux ou en territoires peu densément habités. Nous souhaitions, dans ce recueil, cartographier le Québec et, par-delà, proposer des escales tant en Gaspésie qu’en Mauricie, en Chaudière-Appalaches et dans le Bas-Saint-Laurent. Continuer à élaborer une toponymie du crime…

 

… dans toutes les nouvelles, des femmes seraient mêlées à des méfaits de différentes manières, les « signeraient » ou en seraient parfois les témoins. Les crimes prendraient des formes variées, de la voie de fait au vol en passant par le meurtre, le délit de fuite ou le fait de garder le silence sur une violation de la loi…

… notre troisième inspiration fut le calendrier sélène, le passage des différentes phases de la Lune – pleine, absente ou partielle – entre janvier et décembre. Saviez-vous qu’un certain nombre d’années comptent une lune perdue, treizième apparition dans le ciel de l’astre blême ? »

Le recueil contient les nouvelles suivantes de Maureen Martineau : Club Amigo [auparavant publié en 2016 dans le numéro 104 du magazine Le Sabord], Au bout de la baie, Le Contrat, Sœur Cécile, Les Dix, Poil de coyote et Népenthès [avec Ariane Gélinas].

 

Ariane Gélinas, romancière de fantastique, est originaire de Grandes-Piles, en Mauricie, au centre du Québec. Elle est lauréate du prix Arts-Excellence, du prix Jacques-Brossard et du prix Aurora-Boréal de la meilleure nouvelle. Elle a écrit de nombreuses nouvelles et plusieurs romans. La série Les Villages assoupis, qui l'a fait connaître au grand public, évoque des crimes commis dans des villages abandonnés du Québec. Les trois romans du cycle n'ont pas les mêmes personnages principaux, mais ces personnages sont face à la résurgence de forces mystérieuses venues d'un lointain passé, liées à la folie et à des mythes amérindiens. 

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En 2023, Maureen Martineau fait partie du groupe des « 16 plumes issues d’horizons aussi diversifiés que la population de la ville [qui] mettent la métropole en vedette dans un recueil étonnant et percutant, où la violence côtoie le suspense » :


Collectif. – Noir Montréal. – Laval : Guy Saint-Jean éditeur, 2023. – 378 pages.

« Avec des textes d’autrices et auteurs bien connus du monde du polar (et quelques invités !), ce recueil formidable témoigne à la fois du choc des cultures montréalaises et de leur amalgame. Proposant des nouvelles signées Patrick Senécal, Martin Michaud, Johanne Seymour, Maureen Martineau, Geneviève Lefebvre, Guillaume Morrissette, Éric Dupont et Pierre-Yves McSween, Noir Montréal révèle un Montréal grungy, cosmopolite, un peu rebelle et unique, telle qu’on l’aime, avec des quartiers qui ont leur propre couleur et leur ambiance particulière. Des nouvelles mystérieuses, sanglantes, étonnantes ou haletantes, des auteurs qu’on adore ou qu’on découvre, tout est là pour passer des nuits blanches dans la noirceur de Montréal !

Initiée par Akashic Books, une maison d’édition de Brooklyn spécialisée en littérature urbaine underground, Noir Series a vu le jour avec Brooklyn Noir en 2004. Depuis, elle a connu une croissance explosive: plus de 120 villes du monde comptent désormais un recueil signé par des vedettes locales, de Paris à Stockholm en passant par Bagdad et Addis-Abeba. » 

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En 2022, le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), en partenariat avec Culture Centre-du-Québec, a décerné le Prix du CALQ – Artiste de l’année au Centre-du-Québec à l’écrivaine Maureen Martineau.

« Auteure audacieuse à la plume limpide, Maureen Martineau nous offre des histoires aux thématiques actuelles, qui témoignent de sa grande curiosité et de son engagement social. Son lectorat ne cesse de s’élargir, alors que deux de ses romans seront bientôt publiés en France », ont rapporté les membres du jury du Conseil.

(Sources photos : site web de L’Artis et de L’île ; textes : éditeurs et Wikipédia)


Cette chronique a été initialement publiée le 27 mars 2023 sur Culture et Justice (France) destiné à diffuser principalement des portraits du jour des écrivains, historiens, artistes… et qui rassemble des informations relatives à l’actualité culturelle sur les questions de justice. 

07 – Un auteur de Québec qui écrit dans des tons de noir sur noir (Steve Laflamme)

En février dernier, les amatrices et amateurs de polars avaient rendez-vous à Québec, au Café du temps perdu, pour le lancement du dernier roman d’un autre ténor des littératures du crime au Québec. Plus de 70 personnes ont répondu à l’invitation pour découvrir Les Agneaux de l’Aube. Une sombre histoire teintée d’occultisme qui fait froid dans le dos et qui se déroule dans la capitale nationale et dans les régions avoisinantes.



Steve Laflamme. – Les agneaux de l'Aube. Une enquête de Frédéric Santinelli et Guillaume Volta.  – Montréal, Libre Expression, 2023. –  414 pages. Avis de lecture 



Lorsque des morts violentes s'accumulent dans les régions de Québec et de Charlevoix, Guillaume Volta fait appel à Frédérique Santinelli, professeure de littérature, pour l'aider à décrypter un texte légué par une des victimes des « Meurtres de l'Aube ». Étrangement, les assassinats semblent inspirés d'œuvres d'auteurs ayant fait partie de l'Ordre hermétique de l'Aube dorée, une organisation occultiste dirigée par le controversé Aleister Crowley, perçu par l'Église comme le diable en personne. L'enquête mènera l'équipe jusqu'à découvrir que les Meurtres de l'Aube ont couvé dans l'ignorance, la colère et la frustration dues à des enseignements dignes d'un autre temps.

Pour ajouter au trouble suscité par l'enquête, Santinelli doit apprivoiser ses propres démons. Victime d'événements graves dans sa jeunesse, elle a consenti à l'époque à recevoir un traitement expérimental qui a raflé les souvenirs de ses dix-huit premières années. Or, l'enquête à laquelle elle contribue a pour effet d'éveiller sa curiosité quant à ce qui se cache dans l'obscurité de son passé… 

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Steve Laflamme né à Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean. Il est détenteur d'un baccalauréat en études littéraires de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) et d'une maîtrise en création littéraire de l’Université Laval à Québec. 

Spécialisé dans les littératures de genres, il enseigne la littérature au Cégep de Sainte-Foy depuis 2001 où il donne notamment un cours intitulé « Littérature policière, fantastique et de science-fiction » qui fait partie du programme « Arts, lettres et communication, option Littérature et création ». De 2003 à 2011, il a fait partie du comité de rédaction et de lecture des dossiers littéraires de la revue Québec français, en plus d'en être corédacteur en chef et d'y tenir une chronique sur le fantastique de 2008 à 2011. Autre corde à son arc : Steve Laflamme est également guitariste et chanteur principal dans un groupe de blues nommé Machine Blues, une occupation très secondaire pour cet auteur très prolifique !

Avant de se lancer dans l’écriture de polars et de romans noirs, Steve Laflamme a, entre autres, dirigé une anthologie de 272 pages intitulée Récits fantastiques québécois contemporains : étude des œuvres, publiée à Montréal, en 2009, aux éditions Beauchemin dans la collection « Parcours d’un genre ». 

En plus d’un de ses textes, Reste, on y retrouve ceux d'un certain nombre d’écrivains québécois connus, la grande majorité ayant publié depuis les années 1960, dont, entre autres, ceux de Michel Tremblay (Le Pendu), de Roch Carrier (Le Réveille-matin), de Jean-Pierre Lefebvre (Mara de la Lune) et de Stanley Péan (Ce Nègre n’est qu’un Blanc déguisé en Indien).

Cet ouvrage se voulait un témoignage de l’évolution et de la diversité du fantastique québécois, de son affirmation dans la littérature du Québec, la société se donnant à elle-même le spectacle figuré de ce qui l’obsède. 

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De 2017 à 2019, Steve Laflamme crée une trilogie écrite dans des tons de noir sur noir (dixit Norbert Spehner) et mettant en scène l’enquêteur Xavier Martel qui a reçu un accueil chaleureux des amateurs de thrillers. 



Le chercheur d'âme. – Montréal : Les Éditions de l'Homme, 2017. – 461 pages.  Avis de lecture

On l'appelle le « Chercheur d'âme ». Chacune de ses victimes, retrouvée le visage ouvert, est porteuse d'un message qui semble narguer les policiers de l'Unité des crimes majeurs de la Sûreté du Québec. En présence d'un motif obscur, de références cryptiques et d'un mode opératoire aussi systématique qu'incompréhensible, le sergent détective Xavier Martel ne ménage aucun effort pour mettre fin au cycle sanglant. Prédateur de prédateurs, celui qui a déjà goûté à la violence crue fait de cette enquête une affaire personnelle. La seule chose qu'il ne peut se permettre de perdre, c'est du temps. C'était sans prévoir que la folie du tueur et le goût âpre d'une possible défaite le précipiteraient, lui aussi, dans ses derniers retranchements.


Sous un ciel d'abîme. – Montréal : Éditions de l'Homme, 2019. – 342 pages. Avis de lecture

Quand les morts s'accumulent en vous, ils finissent par gouverner vos actes... Devenu détective depuis sa débâcle dans la police, Xavier Martel enquête sur la mort insolite de Corine Quintal à Québec. Il découvre que la victime était liée à une organisation aux activités controversées dont le leader est un homme dangereux. À Montréal-Nord, Donatien Deveau aspire à venger la mort de sa jeune sœur et enchaîne les délits qui scelleront son sort. Activisme extrême, meurtres sordides, occultisme et démons intérieurs: Martel et Deveau l'ignorent, mais leurs routes vont se croiser dans un feu d'artifice du destin dont personne ne sortira indemne.

 

Sans la peau. – Montréal : Éditions de l’Homme, 2021. – 352 pages.

Protéger ceux qu'on aime implique parfois de faire souffrir les autres. Tandis que le détective Xavier Martel tente de camoufler l'acte terrible qu'il a commis, un ressortissant russe est trouvé mort dans un conteneur au port de Montréal. Qui est-il? Et pourquoi la structure atomique du Krokodil, cette drogue dévastatrice surnommée l'héroïne des pauvres, est-elle tatouée sur son corps? Forcé de reprendre du service comme freelance à la demande de la GRC, Martel mène l'enquête tel qu'il l'entend et doit se frotter à la dangereuse mafia russe montréalaise. Argent sale, trafic humain et crimes violents l'entraîneront de la métropole aux confins du Québec, où il risquera une fois de plus sa vie afin de contrecarrer les plans d'un homme prêt à tout pour défendre les siens. 

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En 2019 et 2021, Steve Laflamme collabore au projet des « Contes interdits » initié par les éditions ADA de Varennes dans la couronne sud de Montréal. Il s’agit d’une collection de près d’une trentaine de livres qui sont des réécritures des histoires classiques comme celles de Charles Perrault (La Belle au bois Dormant, Le Petit Chaperon rouge…), de Hans Christian Andersen (La Petite Sirène, La Reine des Neiges…) et des Frères Grimm (Hansel et Gretel, Raiponce…). 



Peau d'âne. – Varennes : Éditions ADA, 2019. – 294 pages.

Un magnat des affaires dont les horribles secrets sexuels sont plus puissants que sa fortune. Une épouse dévouée, dont la santé qui périclite fera disparaître la bonté et la lumière dans sa famille. Une adolescente asociale aux aspirations qui font confondre désirs et réalité. Une prostituée maltraitée qui en a trop dit… Mais si toute cette histoire n’était en réalité qu’un leurre?

 

Barbe bleue. – Varennes : Éditions ADA, 2021. – 256 pages.

Une journaliste avide d'une solide histoire pour réhabiliter sa carrière. Un assassin interné pour aliénation mentale, dont les victimes mutilées restent introuvables parce que dissimulées dans un lieu secret. Une ancienne épouse violentée qui a vu l’indicible. Un rituel occulte enterré au coeur de la forêt et qui a changé le destin de plusieurs vies. Une rencontre qui déchaîne un cycle de violence prévu depuis longtemps.

 

Cam, policière sans limites. – Varennes : Éditions ADA, 2021. – 387 pages.

Une policière mise sur la touche à cause d’une grave erreur, forcée de reprendre le boulot afin d’assassiner un inconnu. Un père prêt à tout pour rescaper sa fille des griffes d’un psychopathe. Un tueur sanguinaire obsédé par un mythe aztèque. Une famille unie par le crime qui coule dans ses veines. Des bêtes dressées pour assouvir la vengeance. Cam est le personnage le plus résilient et le plus dur du conte interdit Peau d’âne : la policière n’accepte jamais les demi-mesures quand vient le temps de sauver une vie. Encore moins quand il faut donner la mort. 

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Pour conclure, mentionnons que Steve Laflamme, grand admirateur, entre autres, de Don Winslow, de Dennis Lehane et de Stephen King, a aussi publié en mode autoédition :



Collectif. – Projet 666. – Autoédition, 2019. – 452 pages.

Un recueil de 6 histoires sombres, 6 auteur.es sur 2 continents, 6 contraintes imposées à chacun.e. Préface d’Angélina Delcroix. Amélie De Lima (Dans ses yeux), Éric Quesnel (L’affaire Walt), Louis-Maxime Lockwell (À la Cherkawski), Loana Hoarau (Carnaire), Steve Laflamme (Les peuples du sable) et François Avisse (Delirium). Tous les bénéfices sont reversés à l'association « Innocence en danger (IED) » qui vient en aide aux enfants victimes d’abus.

 


Si noires tes envies. – Autoédition Amazon KDP, 2022. –  223 pages.

Lionel L'Orfel aurait dû se douter que son passé reviendrait le hanter. Mais sous la forme d'un tueur sanguinaire qui a perdu toute humanité? C'était impossible à prévoir. Alexandre Émard adore les armes. Assez pour qu'on lui confie un contrat impensable qui l'entraînera dans les bas-fonds de sa propre conscience. Jean-Marc Archambault croyait qu'il n'avait plus rien à perdre, depuis qu'il avait purgé une peine de prison. C'était mal connaître son destin. Lau et Benni sont en fuite parce qu'ils portent un lourd secret: le Mal de l'Est fera d'autres victimes que Benni. Pourtant, on faisait confiance à la compagnie BIOMIR...


(Sources : éditions Libre Expression, de l’Homme et ADA)


Cette chronique a été initialement publiée le 19 mars 2023 sur Culture et Justice (France) destiné à diffuser principalement des portraits du jour des écrivains, historiens, artistes… et qui rassemble des informations relatives à l’actualité culturelle sur les questions de justice. 

06 – Une nouvelle collection québécoise de romans noirs

Fondées en 2018, les Éditions Hashtag veulent être un lieu de rassemblement des discours contemporains. Les publications de Hashtag aident à mieux comprendre le présent et les visages cachés de notre société. Elles visent aussi à interroger, entre autres, la place du Québec littéraire et humain dans le monde.

 

En février dernier, la maison d’édition montréalaise publiait le plus récent roman de l’écrivain franco-québécois Frédéric de Friberg :

 


Patrick de Friberg. – Le protocole de l’extinction. – Montréal : Hashtag, 2023. – 299 pages. Avis de lecture

« Un groupe de chercheurs installé dans un site de colonisation des anciens Vikings au Nunavut disparaît pendant l’hiver. Luc Bélanger, océanographe vivant entre le Québec et la France, se trouve embarqué à la recherche de la source d’un virus vieux de 250 millions d’années et détecté en 2022 dans les eaux d’un ruisseau de la région parisienne. Au même moment, en Sibérie orientale, un projet révolutionnaire de forage géothermique est lancé par un groupe pétrolier russe. Quelque temps plus tard, voilà que des pirates prennent d’assaut un navire de déchets pétroliers au large de l’Afrique de l’Ouest… Tout semble relié pour condamner l’humanité à une nouvelle pandémie : la dernière. » (couverture de quatrième)

 

Cet ouvrage lançait une nouvelle collection, Hashtag Noir, dirigée par l’écrivain et enseignant-chercheur, Stéphane Ledien.

Ce dernier est, « aussi rédacteur professionnel, critique pour la revue de cinéma Versus et chroniqueur de romans noirs au Cochaux Show. En tant qu’auteur de romans et de nouvelles, il a notamment signé quatre ouvrages, dont le roman noir Sur ses gardes (Éditions À l’étage, 2015) et le recueil Des trains y passent encore (Lévesque éditeur, 2017). [Il a également] publié de nombreux articles dans des revues littéraires et universitaires. Il a obtenu son doctorat en littérature/création littéraire en juin 2022. Sa thèse était consacrée au roman noir français du XXIe siècle.


Patrick de Friberg est né en France. « Il a d’abord choisi la carrière militaire avant de poursuivre des études orientées vers les langues et la gestion de patrimoine. Financier dans le milieu bancaire puis dans celui de l’industrie, plongeur professionnel dans toutes les mers du monde et passionné par les pays de l’Europe de l’Est, il a vécu de l’intérieur l’effondrement du bloc soviétique. En trente ans, il a écrit une quarantaine de romans pour lesquels il a été décoré de l’ordre des Arts et des Lettres. » Il a résidé quelques années au Québec dans une petite ville au bord du fleuve Saint-Laurent, Château-Richer, maintenant fusionnée avec Québec, avant de retourner vivre en France, à Chenonceaux.



Patrick de Friberg a, entre autres, publié au Québec les titres suivants :

Le Représentant (novella d'espionnage), dans Revue Alibis/Alire, avril 2010.

Momentum. – Montréal : Goélette éditions, 2011. – 999 pages.

Genetik Corp. – Montréal : VLB éditeur, 2012. – 999 pages.

 

(Sources : Hashtag et Wikipédia)


Cette chronique a été initialement publiée le 12 mars 2023 sur Culture et Justice (France) destiné à diffuser principalement des portraits du jour des écrivains, historiens, artistes… et qui rassemble des informations relatives à l’actualité culturelle sur les questions de justice. 

05 – Un romancier et essayiste de Québec, fin observateur de la criminalité et de sa répression (Jacques Côté)

Depuis décembre 2022, une série documentaire est à l’affiche sur le Canal Vrai, une des chaînes télé québécoises : Le voyeur pyromane.

 


La série à suspense de six épisodes de 60 minutes réalisée par Marie-Philippe Gilbert retrace les personnages clés et revisite une époque trouble de la ville de Québec, celle du voyeur pyromane de la haute-ville qui, en octobre 1980, s’en prenait à de jeunes femmes et semait la terreur dans la capitale. Il mettait le feu aux lits en allumant les sous-vêtements de ses victimes. En l’espace de quelques semaines, il incendia cinq appartements. Les autorités étaient à ses trousses, mais n’avaient aucun indice à se mettre sous la dent. À travers les nombreuses rencontres, cette production de type thriller, un récit tissé de témoignages dont la plupart sont livrés pour la première fois en 40 ans, tente de dresser les origines du voyeur pyromane et se questionne sur son identité.

Cette télésérie, disponible jusqu’en 2027, s’inspire du docu-polar du romancier et essayiste québécois, Jacques Côté :

Autopsie d'un crime imparfait : 22/10/80 l'assassinat de France Lachapelle. – Montréal : Éditions de l’Homme, 2020. – 261 pages. Avis de lecture.

« Grâce aux confidences du lieutenant Jacques Simoneau, aux témoignages d'acteurs de premier plan du drame, mais aussi à la volumineuse preuve de milliers de pages citées aux deux procès, l'auteur reconstitue l'ultime soirée que France Lachapelle a passée avec son ami le metteur en scène Robert Lepage, le dernier à l'avoir vue vivante. Bien que celui-ci soit lavé de tout soupçon, cette expérience le marquera à jamais. Des avocats et des procureurs chevronnés, un pyromane voyeur qui sème la terreur, des questions encore sans réponse aujourd'hui: tous les ingrédients sont réunis pour priver le lecteur de précieuses heures de sommeil. Et pour évoquer le souvenir d'une jeune femme en droit d'attendre bien davantage de la vie. » (quatrième de couverture)

Dans la nuit de la pleine lune du 22 octobre 1980, la jeune comédienne avait été brutalement assassinée dans son appartement. L’auteur de ce crime violent avait le même modus operandi que celui que l’on surnommait le voyeur pyromane de la haute-ville.


Jacques Côté est un des ténors des littératures du crime au Québec, dixit Norbert Spehner. Romancier et essayiste, il a été chargé de cours à l'Université Laval en lettres québécoises avant d’occuper son poste actuel de professeur de littérature au Cégep de Sainte-Foy. Il a publié entre 1988 et 1994 trois romans avant de se concentrer sur l’écriture de polars, de nouvelles et d’essais sur la criminalité et sa répression. L’auteur de Québec a été conférencier invité de l'École de criminologie de Montréal, de la Société médicale de Québec, du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale et aussi de plusieurs écoles et bibliothèques de Québec.


En 2003, il lançait la biographie de Wilfrid Derome, toxicologue, balisticien, biologiste, graphologue, photographe judiciaire et médecin légiste québécois, reconnu comme le fondateur du premier laboratoire de recherches médico-légales en Amérique du Nord. En 1929, le laboratoire de Derome est visité par J. Edgar Hoover dans le but de planifier la création du laboratoire du FBI. Ouvrage pour lequel Jacques Côté a remporté le Grand prix du journal La Presse de Montréal. En 2004, il a participé à la réalisation d’un documentaire sur la vie de Wilfrid Derome présenté sur Canal D.

Wilfrid Derome expert en homicides. –  Montréal : Boréal, 2003. – 448 pages.


De 2000 à 2019, Jacques Côté publie sur une base régulière cinq titres d’une série à succès consacrée à son enquêteur de la Sûreté du Québec au poste de la ville de Québec, Daniel Duval, une saga qui se passe dans les années 1980. À une époque où les systèmes de communication sont encore très limités, où les enquêteurs doivent se creuser les méninges pour identifier les criminels sans les procédés ultramodernes de recherches et d’analyses actuels :


L’auteur met en scène un duo étonnant : Daniel Duval, grand sportif, père de famille, qui aime son travail et qui ne fait pas de frasque et Louis Harel, dit le Gros, impulsif, misogyne, bon vivant et généreux, conteur de blagues plutôt salaces. Un binôme efficace et divertissant.

Nébulosité croissante en fin de journée. – Beauport : Alire, 2000. – 365 pages.

Le Rouge idéal. – Lévis : Alire, 2002. – 429 pages. (Prix Arthur-Ellis 2003)

La Rive noire. – Lévis : Alire, 2005. – 367 pages. (Prix Saint-Pacôme  2006)

Le Chemin des brumes. – Lévis : Alire, 2008. – 368 pages. (Prix Arthur-Ellis et Prix littéraire de la Ville de Québec 2009)

Où le soleil s'éteint. – Lévis : Alire, 2017. – 366 pages. Avis de lecture


En concomitance, de 2010 à 2013, Jacques Côté produit une trilogie romanesque intitulée « Les Cahiers noirs de l'aliéniste » consacrée à Georges Villeneuve, surintendant de l’asile Saint-Jean-de-Dieu / Longue-Pointe Lunatic Asylum, médecin expert à la morgue de Montréal, professeur de la chaire de médecine légale de l’Université de Montréal et membre de la Société des aliénistes de Paris, de l’Association médico-psychologique américaine et de la Société de médecine légale de New York :

 


Dans le quartier des agités. – Lévis : Alire, 2010. – 437 pages. (Prix Arthur-Ellis 2011) / Arles : Actes Sud, 2017. – 464 pages.

Le Sang des prairies. – Lévis : Alire, 2011. – 314 pages.

Et à l'heure de votre mort. – Lévis : Alire, 2013. – 514 pages / Arles : Actes Sud, 2018. – 528 pages.

 

On doit également à Jacques Côté quelques nouvelles :

« Le Noir des glaces », dans Boucs émissaires. – Montréal : Les 400 coups, 2005.

« Prélude et Fugue », dans Alibis 44, 2012.

« Jungle jungle », dans Crimes à la librairie. –  Montréal, Druide, 2014.

 

Ainsi que des textes brefs, des articles de journaux et de courts essais sur différents sujets, du soixantième anniversaire du tournage à Québec du film I Confess d’Alfred Hitchcock à l’art d’assassiner son personnage. Ces écrits étaient dispersés aux quatre vents et, le plus souvent, introuvables. Ils ont été réunis dans un recueil regroupant quelques nouvelles inédites et d’une novella, « Dos Gringos » mettant en scène son duo d’enquêteurs fétiches, Daniel Duval et Louis Harel.

Crimes à la pièce. – Montréal : Lemac, 2021. – 224 pages (complété par un album numérique de quelques objets liés à certains textes que l’auteur partage pour la première fois avec ses lecteurs.

 

Enfin, cinq ans après la sortie de « Où le soleil s'éteint », Jacques Côté renoue avec le roman au grand plaisir de ses lectrices et de ses lecteurs avec le lancement en février 2023 de « Requiem américain », le premier tome d'un diptyque ayant pour cadre les guerres entre les groupes criminalisés de motards montréalais au cours des années 1980 :

 


Requiem américain. – Montréal : Flammarion Québec, 2023. – 320 pages. Avis de lecture

« Fraîchement sorti de prison, Marc Hamel, tête dirigeante des Hells Angels, commande un assaut en règle contre les Rock Machine. L'enjeu : étendre son territoire et contrôler le marché de la drogue. L'affrontement des clans ennemis plonge la métropole dans la confusion et le chaos.

Les fusillades s'enchaînent, les bombes explosent et les cadavres se multiplient. Afin d'enrayer cette escalade de la violence, Owen Hayden et son équipe du SPCUM doivent frapper vite et fort. Or, pour le lieutenant responsable de l'escouade antigang, la guerre des motards a un visage très intime. Son frère Tom est le bras droit de Marc Hamel. Comment l'aîné, qui s'est rangé du côté de la loi, parviendra-t-il à mater des adversaires aussi féroces, à commencer par ce « Tomgun » Hayden dont il partage le sang ? » (quatrième de couverture)


Cette chronique a été initialement publiée le 4 mars 2023 sur Culture et Justice (France) destiné à diffuser principalement des portraits du jour des écrivains, historiens, artistes… et qui rassemble des informations relatives à l’actualité culturelle sur les questions de justice.